Laurent Fabius s'alarme du retard pris sur l'application de la COP21

Même s’il n’accuse ni la France ni le Maroc, Laurent Fabius s’inquiète du retard que prend la lutte contre le réchauffement climatique.

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Crédit : COP Paris/Flickr.

Laurent Fabius vient de signer une tribune dans le quotidien français Le Monde. Dans ce texte, l’ancien président de la COP21 (remplacé par Ségolène Royal après sa nomination au Conseil constitutionnel) s’inquiète du retard que prend l’application de l’Accord de Paris signé par 174 États fin 2015, qui jette les bases d’une maîtrise des émissions de gaz à effet de serre à l’origine des dérèglements climatiques. Et pour cause, encore très peu l’ont ratifié. Pour entrer en vigueur, il doit être ratifié par au moins 55 pays responsables d’au moins 55 % des émissions de gaz à effet de serre mondiales. Pour le moment, seuls 25 États l’ont fait. Ils ne représentent que 2 % des émissions. « Des promesses sont données mais le fait est qu’aujourd’hui ni la Chine, ni les États-Unis, ni l’Union européenne, ni l’Inde, ni la Russie – les cinq premiers émetteurs mondiaux de CO2 – n’ont encore franchi le pas », décrit Laurent Fabius.

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Pour l’ancien ministre des Affaires étrangères français, il est grand temps d’accélérer le pas. Comme l’accord n’est pas ratifié et donc pas appliqué, les mesures d’accompagnement promises ne se sont toujours pas concrétisées. Laurent Fabius les cite :  les engagements financiers pris envers notamment l’Afrique, l’extension de la tarification du carbone, la mise en place du système universel d’alertes-catastrophes, la pénalisation des énergies fossiles et la dynamisation des énergies propres ainsi que des économies d’énergie, la mobilisation cruciale des villes et régions du monde. « […] Toutes ces mesures parfaitement identifiées doivent être mises en place rapidement avec les gouvernements, les collectivités locales, les entreprises et les sociétés civiles », alerte Laurent Fabius.

Mais à qui la faute ? Le président du Conseil constitutionnel français ne blâme pas le Maroc : « Ni la bonne volonté de la France, présidente de la COP21, ni celle du Maroc, hôte de la COP22, ni la détermination du système des Nations unies ne sont en cause : leur engagement est manifeste ». Mais pourtant, en avril dernier, au cours d’une conférence de presse, le comité de pilotage marocain de la COP22 avait bien reconnu son rôle dans la ratification de l’Accord de Paris. L’un de ses principaux objectifs est bien d’« accompagner et soutenir la présidence française en mobilisant le plus grand nombre de parties à ratifier (…) l’Accord de Paris, avant la tenue de la COP22. » Contactée par Telquel.ma, la ministre déléguée à l’Environnement Hakima Elhaité est restée injoignable.

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