Zakaria Boualem et les écoles

Par Réda Allali

Soyez tranquilles, les amis, Zakaria Boualem est là. Souple sur ses appuis, dévoué à sa cause et particulièrement guilleret, il vous accueille cette semaine avec un grand sourire. Oui, il est temps d’arrêter de grogner : les beaux jours arrivent, et nous dégageons collectivement de puissantes ondes positives, c’est un fait incontestable. Pour célébrer cette bonne passe que nous traversons, cette page sera consacrée à la diffusion de bonnes nouvelles, c’est parti. Sachez pour commencer que le Maroc a gagné la coupe d’Afrique de la pâtisserie, ce n’est pas une blague. Nous avons donc relevé le défi posé par le virus Ebola, mis en échec le hooliganisme, réglé nos problèmes de composition d’équipe avec ou sans binationaux, appris à gérer le stress des dernières minutes de jeu pour enfin conquérir le titre continental.

Comble du bonheur, nous sommes qualifiés à la Coupe du Monde, qui se tiendra en France l’année prochaine. Préparez vos drapeaux et accordez vos klaxons, la gloire est à portée de main. La seconde bonne nouvelle est double, s’il vous plaît. Il y a tout d’abord l’ouverture à Casablanca de la première école britannique, et cet autre établissement, à Marrakech, qui ouvre ses portes en annonçant fièrement s’inspirer du modèle finlandais. L’offre éducative s’étoffe, donc. Nos enfants ont le choix entre les écoles françaises, italiennes, belges, espagnoles, américaines, et aujourd’hui britannique et finlandaise. C’est remarquable. Certes, les tristes sires habituels vont geindre avec force, et relier avec mauvaise foi cette profusion à la pauvreté de notre système national. Ils sont dans le tort, bien entendu.

Cette extraordinaire ouverture à l’international des cerveaux de nos bambins est au contraire une nouvelle déclinaison évidente des choix d’ouverture culturels qui ont été affirmés avec force et réitérés depuis des millénaires par nos leaders inspirés, et merci. Il faut donc s’attendre à voir débarquer, tranquilles, des missions thaïlandaises, des universités chiliennes, et, pourquoi pas, des crèches maories, tout est bon à prendre. Les portes sont ouvertes, al hamdoulillah, l’essentiel est de bien comprendre qu’il faut arrêter de compter sur les nôtres. Poursuivons avec une petite anecdote.

Figurez-vous que Zakaria Boualem, dimanche dernier, a traversé en voiture la bonne ville d’Erfoud vers 19 heures, pour des raisons qui ne regardent que lui. Il est donc passé devant le radar de la police à basse vitesse, avant de se faire cueillir par celui de la gendarmerie, placé judicieusement quelque deux cents mètres plus loin. Une redoutable stratégie, la double lame, qui a eu raison de son imprudence. Il s’est donc acquitté de son amende avec enthousiasme, et il est reparti très rassuré, le bougre. Nos autorités prennent très au sérieux notre sécurité, les amis, voilà la bonne nouvelle. Deux radars à Erfoud un dimanche soir, sur une route vide, et avec quelques scorpions comme uniques passants, voilà une belle preuve d’abnégation, un refus du laisser-aller qui force le respect.

Pour terminer cette liste de bonnes nouvelles, sachez que nos fins limiers ont de nouveau démantelé une cellule terroriste, à Nador cette fois, qui projetait tout simplement d’instaurer un émirat dans le nord du royaume. Ces illuminés n’ont peur de rien, et surtout pas d’afficher des ambitions délirantes. Un émirat, oui, ça ne plaisante pas. Heureusement, nos policiers veillent. S’ils venaient toutefois à se retrouver débordés par l’immensité de la tâche de traquer les terroristes, ils pourront toujours réaffecter les ressources d’Erfoud et faire une croix sur l’un des deux radars. Ce serait dommage, mais tout le monde comprendrait ce sacrifice.
C’est tout pour cette semaine, nous sommes formidables, et merci.

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