Expulsée du Maroc, Canal+ s'explique et consacre un reportage à l'homophobie

Dans son édition du 5 avril, l'émission « Le Petit journal » est revenue sur l'expulsion de son équipe du Maroc et a diffusé les témoignages d'homosexuels marocains racontant leur quotidien.

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Une équipe du « Petit journal » de Canal + s’est rendue à Beni Mellal pour couvrir le procès des deux présumés homosexuels et de leurs agresseurs. Mais les autorités marocaines ont arrêté Martin Weil et son équipe, avant de les expulser du territoire. Dans son édition du 5 avril, le journaliste, présent sur le plateau de Yann Barthès, revient sur l’événement. « On a été arrêtés par les habitants qui soutiennent les agresseurs », raconte Martin Weil. Il avoue ne pas avoir formulé de demande d’autorisation de tournage (obligatoire selon la législation marocaine), tout en expliquant que « les demandes prennent énormément de temps, quand l’autorisation est acceptée, ça peut prendre une trentaine de jours  […] et l’obtenir surtout quand on veut tourner des reportages sur des sujets qui fâchent comme l’homosexualité, ça arrive rarement. On a donc fait comme beaucoup de journalistes étrangers, on est partis sans autorisation ».

Ensuite, l’émission a diffusé une interview de quatre Marocains réalisée dans une barque flottant sur le Bouregreg, à Rabat. « Cela fait deux ans que ma mère et mes frères ne me parlent plus. Ils ont eu l’idée d’aller me faire soigner par un psychologue. J’ai accepté d’y aller et il leur a expliqué que c’était tout à fait normal, mais ils n’ont pas été convaincus », raconte un des témoins rencontrés par l’équipe de tournage. Un autre homme revient sur le risque quotidien de se faire tabasser dans la rue, et l’impossibilité de porter plainte de peur de se faire poursuivre pour homosexualité. Sur la barque, un homme qui se définit comme transgenre avoue avoir déjà fait de la prison. L’occasion pour lui de revenir sur les conditions de détention : il séjournait une cellule dédiée aux personnes condamnées pour homosexualité, selon lui.

Enfin, le reportage revient sur la Une de Maroc Hebdo titrée « Faut-il brûler les homos ? » parue en juin 2015 (retirée des kiosques à l’initiative de l’éditeur). Au micro de Canal+, le directeur de publication du magazine Mohamed Selhami et l’auteur de l’article, Mustapha Sehimi, justifient leur choix éditorial, et mettent en avant le fait que la société n’est d’après eux « pas prête » pour un changement de la loi.

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