Pour Benkirane, Ban Ki-moon « a été leurré»

Benkirane a accordé une interview à Chada FM dans laquelle il traite essentiellement de la question du Sahara.

Par

Abdelilah Benkirane
Crédit : World Economic Forum

Lors d’un entretien accordé à la radio Chada FM le 26 mars, le chef du gouvernement Abdelilah Benkirane est revenu sur le dossier du Sahara et sur les tensions entre le Maroc et le secrétaire général des Nations-Unies Ban Ki-Moon. Conducteur :

2e minute : « Quand une personne est plus près des postes de décision, il constate que les premiers ennemis de notre intégrité territoriale, sont essentiellement l’Algérie et non le peuple algérien, puis vient le Polisario ainsi que d’autres forces», explique le chef du gouvernement. « Depuis 1974, nous avons pu garder notre présence au sein de ces terres ( ndlr. le Sahara) et nous avons pu mener a bien ce dossier, ce qui prouve que notre diplomatie  accomplit son devoir comme il se doit», estime Benkirane. « Le Maroc s’est construit autour de la beyâa et les gens du Sahara, depuis toujours, ont déclaré leur beyâa aux différents sultans marocains.» 

4e minute : «Le Maroc n’a jamais occupé cette région (…) Ce problème politique est né d’une contestation de quelques personnes qui ont voulu libérer le Sahara au départ pour leur propre patrie, le Maroc. Après, il y a eu des malentendus et le défunt El Kadhafi les a récupérés», explique-t-il.

8’30 » : Pour Benkirane, Ban Ki-moon « a été leurré». « Nous avions des problèmes avec Christopher Ross en 2012 et le secrétaire général des Nations-Unis a cru que la question du Sahara était prise à la légère par le Maroc. Ban Ki-Moon nous a provoqué et nous lui avons répondu politiquement », entonne-t-il.

13″: « Même si le ministre des Affaires étrangères Salaheddine Mezouar a affirmé que Ban Ki-moon s’est excusé, celui-ci n’a pas présenté ses excuses officiellement. Donc, le problème est toujours d’actualité », ajoute le chef du gouvernement.

15″ : Benkirane confie que « le Sahara est une question de vie ou de mort pour le Maroc ». Quant au Polisario, il déclare que « ce sont nos fils et le Maroc est leur pays ».  « Je ne comprends pas pourquoi ils ne rentrent pas chez eux et viennent discuter avec nous en toute sérénité», dit-il. Et de s’interroger : « Qui peut affirmer avec  certitude que le Polisario prend ses décisions de manière indépendante ?». 

18’30 »: Sur l’Algérie, Benkirane indique que « les Algériens et nous, sommes, bon gré, mal gré, frères et nous nous ressemblons beaucoup. Ce qui nous a divisé, c’est l’Histoire ». « Ceux qui contrôlent l’Algérie ont fait de ce dossier la base de leur pouvoir. Pour eux, l’Algérie ne peut aller mieux que si le Maroc a des problèmes», explique-t-il. Et d’ajouter : « L’Algérie a peur de nous et le président Abdelaziz Bouteflika avait même un jour déclaré que si les frontières entre l’Algérie et le Maroc s’ouvrent, ce serait plus les Algériens qui iront au Maroc que l’inverse. Si l’Algérie a un problème avec le Maroc, cela doit se régler par le principe de la concurrence et de la compétitivité et non par la haine et la fermeture des frontières. »

21’30 » : Sur le rapport des Nations-Unis sur le Sahara qui va être publié au mois d’avril, le chef du gouvernement confie qu’il est « d’une grande importance surtout dans le contexte actuel. Le Maroc est passé par plusieurs étapes et a prouvé qu’il est prêt à tout pour conserver son intégrité territoriale.» 

22’30 » : « Le Maroc ne cherche pas les conflits mais si quelqu’un souhaite prendre les armes contre nous, nous ne resterons pas les bras croisés », a-t-il conclu.