Fatih Akin : "L'instinct dicte ma manière de filmer"

Le cinéaste germano-turc Fatih Akin se dit plus instinctif qu'intellectuel dans sa manière de faire des films.

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Le cinéaste germano-turc Fatih Akin

L’enfant terrible du cinéma allemand a donné une leçon de cinéma le 7 décembre au Festival international du film de Marrakech où il revient sur sa manière de filmer et ce qui le pousse à choisir des sujets sociaux aussi sensibles que la situation des turcs en Allemagne (Head-On, De l’autre côté) ou encore le génocide arménien (The Cut).

«Dans mes premiers films, je voulais me réconcilier avec ce mélange des cultures turques et allemandes qui m’habitent depuis mon enfance. C’est pour cela que j’ai fait des films comme Head-On, De l’autre côté ou encore des documentaires sur la musique underground à Istanbul ou dans le village de mes parents» , confie le cinéaste. Celui, qui dit faire ses films avec instinct plus qu’avec son intellect, ne cache pas qu’il était un grand admirateur de Bruce-Lee. «Il a beaucoup façonné ma manière de filmer. Je ne peux pas dire que j’ai un style, celui-ci change en fonction des films car comme dirait Bruce-Lee, il faut être comme l’eau qui s’adapte à chaque matière.»

Pourtant The Cut ne ressemble pas à ses autres films. C’est dans cette oeuvre où l’on peut voir des scènes violentes dans lesquelles le réalisateur dénonce sans concession le génocide arménien. «C’est parce que j’aime mes frères turcs que je voulais faire ce film pour leur dire que nous sommes responsables de cela pour que ça ne se reproduise plus jamais. J’ai grandi dans un pays où les Allemands se sentent coupables de l’holocauste, c’est tout à fait normal que les Turcs reconnaissent aussi leurs crimes», explique Akin. Et d’ajouter qu’il se sent solidaire avec les différentes causes car il n’arrive pas encore à comprendre qu’un être humain puisse tuer un autre être humain.

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