Mehdi, 21 ans, de l’EGE à la réception royale de Tanger

Étudiant engagé dans le développement durable Mehdi Zairi a été invité à assister à l’appel de Tanger, en présence, entre autres, de Mohammed VI et François Hollande. Il nous raconte.

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Étudiant engagé dans le développement durable Mehdi Zairi a été invité à assister à l’appel de Tanger, en présence, entre autres, de Mohammed VI et François Hollande. Il nous raconte.

« Jeudi j’ai reçu un coup de fil ‘ Allo, c’est le chef du protocole ‘, ça fait bizarre ». Après avoir demandé confirmation auprès de son deuxième interlocuteur, Mehdi a commencé à réaliser : il était bien invité à Tanger pour assister à la signature de la convention liant la France et le Maroc au sujet du développement durable. Mais comment cet étudiant de deuxième année s’est-il retrouvé à participer à un tel événement ?

S’il est maintenant pleinement engagé pour la cause du développement durable et la lutte contre le changement climatique, ce n’était pas couru d’avance. « Pour l’épreuve d’économie au bac, j’avais bossé tous mes chapitres sauf le développement durable parce que je me disais que ce n’était pas très important. Finalement je suis tombé dessus, et j’ai quand même eu 16. Je ne l’oublierai jamais, cela m’a donné envie de m’y intéresser ».

« C’est sans doute une manière de me remercier »

À la fin de sa première année à l’École de gouvernance et d’économie de Rabat (EGE), Mehdi a assisté à une grande conférence organisée à Sciences Po Paris, qui rassemblait les principaux protagonistes français du secteur. En juin dernier, il a organisé avec ses camarades une simulation de la conférence des jeunes (organisée quelques jours avant chaque COP), à laquelle 90 Marocains ont participé. Ensuite, direction le ministère des Affaires étrangères et de la Coopération marocain pour un mois de stage. Là, Mehdi semble avoir convaincu de son sérieux : « Je suis arrivé à un moment où tout le service développement durable était en négociations à Bonn », nous raconte-t-il. Il a ainsi pu faire ses preuves.

C’est d’ailleurs le ministère qui l’a invité à Tanger. « C’est sans doute une manière de me remercier, mais aussi de mettre en avant les jeunes », pense-t-il. Et pour lui, la jeunesse est bien la clef de voute de ce débat sur le climat : « L’intergénérationnel est au centre de la problématique du développement durable, nous explique-t-il. Lors des COP, on vote pour 2050. Ceux qui décident ne seront plus là ».

Rencontre avec le gratin de la politique

Le voilà donc parti pour Tanger. « Quelqu’un du protocole s’occupe de chaque invité. Une personne est venue me chercher et m’a accompagné ». Convoqué à midi à la zone franche, il a pu profiter de la réception. Le genre d’événement auquel Mehdi n’a pas l’habitude d’assister, et qu’il qualifie bien sûr de « très protocolaire »« Un garde royal est à l’entrée, il doit avoir retenu le nom de tous les invités parce qu’il savait qui j’étais », nous raconte-t-il, surpris. « Il y avait tout le monde, les ministres, Benkirane, Mezouar etc ». Malgré son jeune âge, l’étudiant ne semble pas s’être laissé impressionner par l’assistance : « Je me suis dit que je n’aurai pas 36 000 occasions comme celle-la. Cela tombait pile-poil dans ce que je faisais, je devais mettre l’engagement des jeunes en avant et il fallait bien que je représente la jeunesse marocaine puisque j’étais malheureusement le seul », nous explique-t-il.

« Quand vous serrez la main à un ministre, il vous écoute à moitié. Par contre, j’ai vraiment été impressionné par l’accessibilité de Najat Vallaud-Belkacem et Ségolène Royal. J’ai pu longuement échanger avec chacune d’elle. Elles sont très à l’écoute, très sympathiques, ce sont un peu des petites mamans », s’étonne Mehdi. Pour le reste, il reconnaît ne pas avoir osé approcher François Hollande. « Il est difficile d’approcher certaines personnalités», commente-t-il, avant d’ajouter « Mais en fait, pour eux c’est la même chose. Jamel Debbouze fait le malin, mais quand le roi arrive, il se met debout comme tout le monde ». Après la réception, place à la signature de la convention, lue par les deux chefs de la diplomatie marocaine et française, en présence de Mohammed VI. Mehdi était au troisième rang, « une chance », d’après lui. Il n’a malheureusement pas pu immortaliser ce moment, puisque les téléphones ont été confisqués à l’entrée de la salle.

Mehdi en compagnie de Najat Vallaud-Belkacem.
Mehdi en compagnie de Najat Vallaud-Belkacem.

Objectif: les COP 21 et 22

Il est maintenant de retour à Rabat, et se prépare pour la rentrée. Ensuite, tout va très vite s’enchaîner. Il doit avec ses camarades préparer la conférence des jeunes de Paris. Cette année, ils compte inciter les décideurs à adopter un statut pour les réfugiés climatiques. Et ce ne sera pas terminé. S’ils ne se font pas entendre en 2015, ils insisteront ensuite lors de la COP 22, organisée au Maroc. Pour Mehdi, le Maroc mérite vraiment son rôle d’organisateur et peut s’ériger comme leader de la question dans la région. Pour lui, les politiques publiques sont à la hauteur. « On est encore loin du compte c’est vrai mais le Maroc n’est pas un gros émetteur à l’échelle du monde. Nous sortons du paradigme selon lequel puisque nous sommes en voie de développement nous aurions une plus petite responsabilité ».

Et la conférence des jeunes au Maroc aura aussi toute son importance. « Si l’accord universel est pris à Paris, ce sont les objectifs qui seront actés mais il faut ensuite passer aux moyens et à la matérialisation, et ce sont les prochaines conférences qui s’en chargent ». Alors Mehdi est plus investi que jamais pour que cet événement apporte des solutions concrètes, même si « nous faisons modestement des propositions, nous ne sommes pas des ministres ». Pas pour le moment.

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