Benkirane : « Je n’irai pas chez les Espagnols pour réclamer Sebta et Melilia »

Après Mohamed Hassad c’est au tour de Benkirane d’affirmer que le Maroc ne légalisera pas la culture du cannabis. Le chef du gouvernement a aussi abordé des questions relatives à la politique étrangère du royaume et aux libertés individuelles lors de son passage au parlement le 7 juillet.

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Crédit: Rachid Tniouni
Crédit: Rachid Tniouni

La légalisation du cannabis, un projet à oublier ? La chambre des représentants a accueilli, le 7 juillet, le chef du gouvernement Abdelilah Benkirane à l’occasion de la session mensuelle de questions orales. Un évènement placé sous le thème de l’exclusion dans le monde rural, plus particulièrement dans le nord du pays.

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L’une des questions adressées au chef du gouvernement portait sur la légalisation du cannabis. Pour l’auteur de cette question, le chef du groupe parlementaire de l’Istiqlal Nourredine Mediane, la légalisation de la plante dans la région est importante, car la culture du kif permet de nourrir les gens vivant dans une région qui ne bénéficie pas de projets de développement. Mediane a aussi plaidé en faveur de l’usage industriel et pharmaceutique du cannabis.  Le représentant du parti de la balance a également tenu à rappeler que son parti avait déposé deux propositions de loi visant à amnistier les cultivateurs de kif et légaliser la culture de la plante.

Dans sa réponse à cette intervention, le chef du gouvernement a été catégorique : « La politique de l’Etat dans ce domaine ne va pas changer  ». Il a également ajouté que la thématique de la légalisation du cannabis avait été « politisée  par certaines personnes  ».  Pour le chef du gouvernement, il faut s’ « éloigner » des politiques adoptant un discours favorable à la légalisation du kif, car elle est « irréelle ». On notera que les élections communales et régionales se tiendront au début de septembre et que les partis du PAM et de l’Istiqlal avaient plaidé pour une légalisation de la culture du cannabis.

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« Le palais royal trace la ligne directrice de la politique étrangère du royaume  »

Autre thème abordé lors de cette session du parlement, la politique étrangère du royaume. Interrogé sur les efforts du Maroc pour récupérer les enclaves de Sebta et de Melilia, le chef du gouvernement a déclaré : « Je n’irai pas chez les Espagnols pour réclamer Sebta et Melilia ». Pour défendre cette position, le chef du gouvernement a cité le roi Hassan II en déclarant : «  Le litige concernant Sebta et Melilia ne pourra pas  être résolu tant que celui de Gibraltar (litige opposant l’Espagne et le Royaume-Uni) existe ». Il a également tenu à affirmer que « le palais royal trace la ligne directrice de la politique étrangère du royaume  » et que le Maroc « entretient de bonnes relations avec l’Espagne ».

Enfin,  le  chef du gouvernement a également livré son point de vue sur le débat relatif aux libertés individuelles qui agite actuellement la société marocaine. « Nous construisons notre démocratie pas à pas. Notre démocratie doit être adaptée aux particularités de la société marocaine » a déclaré Abdelilah Benkirane qui a révélé que les avancées du royaume dans le domaine des droits de l’Homme a suscité l’intérêt de la France et de l’Espagne qui souhaitent « en savoir plus » sur l’expérience marocaine. Sans apporter plus de précisions.

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