Quels sont les enjeux de la tournée royale en Afrique ?

La tournée royale entamée le 20 mai devrait faire la part belle aux investissements entre le Maroc et les pays d’Afrique de l’Ouest. Coté diplomatique, le Maroc fera la promotion de l’islam « du juste milieu ».

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Le roi Mohammed VI (à droite) et le président sénégalais, Macky Sall (à gauche). Crédit : AFP
Le roi Mohammed VI (à droite) et le président sénégalais, Macky Sall (à gauche). Crédit : AFP

Le roi Mohammed VI a entamé une tournée africaine le 20 mai. Une tournée qui devrait emmener le roi, ainsi qu’une délégation composée de ministres et d’hommes d’affaires, au Sénégal, en Côte d’Ivoire, au Gabon ainsi qu’en Guinée-Bissau. Cette tournée, est la troisième du genre en autant d’années.

Les affaires d’abord

Selon l’ancien président de la plateforme internationale de la CGEM, Hakim Marrakchi, le royaume figure au deuxième rang des IDE dans les pays d’Afrique de l’Ouest. Les entrepreneurs devront accorder une importance particulière aux investissements au Sénégal et en Côte d’Ivoire, deux pays où seront mis en place des groupes d’impulsion, composés de chefs d’entreprises,  pour permettre d’approfondir les échanges entre investisseurs. En cas de succès, cette initiative sera transposée dans les autres pays de la région.
Au Sénégal, première étape de la tournée royale, des banques comme la BMCE, Attijariwafa Bank sont déjà implantées. Le secteur de l’assurance est également implanté dans le pays de la « téranga » comme en atteste la présence de la filiale sénégalaise de la compagnie d’assurance Saham. L’ONEE (Office national de l’électricité et de l’eau potable) est également présent au Sénégal suite à l’accord de partenariat conclu en mars 2013 afin d’assurer la distribution d’électricité dans la ville sénégalaise de Saint-Louis. A noter que, la rencontre entre Mohammed VI et le président sénégalais, Macky Sall,  s’est conclue sur la signature de treize accords dans divers domaines dont les douanes, l’industrie, la santé animale, le tourisme et l’environnement.

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La Côte d’Ivoire, deuxième étape des quatre visites royales, est sans doute synonyme d’infrastructures pour les dirigeants et investisseurs marocains. Lors du précédent voyage royal en terre ivoirienne, il a été décidé de la construction environ 30 000 logements, parmi lesquels 10 000 logements économiques, par des groupes marocains comme Addoha et Alliances.

On notera également que lors de la venue du président ivoirien Alassane Ouattara au Maroc, au mois de janvier dernier, une importance particulière a été accordée à la construction d’infrastructures. Addoha, l’entreprise dirigée par Anass Sefrioui, s’était engagée à construire des logements sociaux suite à la signature d’une convention de partenariat avec la BCP et l’État ivoirien. C’est également le cas de Finance Com qui a investi environ 1,7 milliard de dirhams afin de financer la construction de salles de classe.

Lors de la dernière visite royale au Gabon, des accords dans les domaines de l’agriculture et de la pêche, de la marine marchande, du tourisme, de l’Industrie, de l’emploi ont été signés. A titre indicatif, tous les ministres responsables, dans leurs domaines respectifs, de la signature de ces accords font partie de la délégation royale. On remarquera également que selon les sources de nos confrères du 360.ma, la tournée royale en Afrique aurait pour but « d’évaluer l’avancée des projets de partenariat lancés au cours des dernières années ». La visite au Gabon semble donc être axée sur l’évaluation des partenariats mis en place.

Et la diplomatie ?

Cette tournée en Afrique serait-elle juste une occasion de faire du business ? «  La politique et l’économie sont indissociables  », affirme le président de la commission des Affaires étrangères à la Chambre des représentants, Mehdi Bensaïd, qui estime que les visites royales dans les quatre pays d’Afrique ont également une dimension diplomatique :

Les pays dans lesquels le roi part en visite sont des alliés. Il est néanmoins important de rappeler l’importance du dossier du Sahara  à ces pays.

L’élu pamiste estime que le royaume doit également « toucher les pays anglophones et lusophones » avec lesquels le Maroc « partage » moins que les pays francophones. Une affirmation qui pourrait expliquer la visite du roi en Guinée-Bissau.

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La tournée royale devrait aussi servir à renforcer la diplomatie religieuse du royaume qui cherche à transmettre sa vision de l’islam du juste milieu. «  Comme on le sait, les adeptes de la Tijaniya sont présents en grand nombre au Sénégal. Les pays africains veulent également bénéficier de la formation d’imams au Maroc qui véhicule une image de l’islam comme étant une religion de paix  », affirme Mehdi Bensaïd. On notera que le ministre des Habous et des affaires islamiques, Ahmed Taoufik, fait partie de la délégation royale.

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