Sahara : le Maroc « étonné » par les accusations de la justice espagnole

Le Maroc a fait part de son étonnement suite à l’ouverture d’une instruction en Espagne pour le «génocide» de la population sahraouie par des Marocains.

Par

Salaheddine Mezouar
Le ministre des Affaires étrangères, Salaheddine Mezouar. Crédit: AFP

Suite à la publication d’un arrêt sur les accusations portées par une association sahraouie à l’encontre de 11 fonctionnaires marocains pour « génocide  », le ministère des Affaires étrangères a fait part de « son étonnement » dans un communiqué relayé par l’agence de presse MAP. Selon la diplomatie marocaine, cette publication est « une nouvelle tentative d’exhumer un dossier ancien  »  qui selon la même source « est truffé d’erreurs factuelles graves et d’incohérences ».

Un timing calculé ?

Le communiqué du département de Salaheddine Mezouar indique également que les faits évoqués dans ce dossier « concernent une période historique très particulière et des circonstances spécifiques liées à des hostilités armées d’une autre époque ». La diplomatie marocaine remet en question le timing de la publication de ce dossier qui survient « à l’approche des échéances onusiennes annuelles relative au dossier du Sahara marocain ».

Lire aussi : Sahara : pourquoi le juge espagnol parle-t-il de « génocide » ?

Le ministère des Affaires étrangères fait aussi part de sa disposition « à coopérer pleinement avec les autorités espagnoles » mais refuse le « principe de toute poursuite judiciaire contre des citoyens marocains à l’étranger pour des faits supposés avoir été commis sur le territoire national  ».

Pour rappel, l’instruction ouverte par Pablo Ruz, un juge de la plus grande instance judiciaire espagnole, l’Audience nationale, comporte 50 chefs d’accusation d’assassinat, 76 de tentative de meurtre, 202 de détention illégale et 23 de torture. Parmi les inculpés figure Hafid Benhachem, ancien gouverneur de la province de Smara entre 1976 et 1978 (au moment de certains des faits), qui a ensuite été chef de la DGSN entre 1997 et 2003 puis directeur général de l’administration pénitentiaire jusqu’en 2014.

 

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