Mezouar : « La force arabe est une force de dissuasion »

Le chef de la diplomatie marocaine a accordé une interview au site égyptien Ahram Online dans laquelle il évoque les crises au Yémen et en Libye ainsi que la formation de l’armée arabe.

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Salaheddine Mezouar
Le ministre des Affaires étrangères, Salaheddine Mezouar. Crédit: AFP

En marge du sommet de la Ligue arabe qui s’est tenu le 28 et le 29 mars à Charm El-Cheikh, le ministre des Affaires étrangères, Salaheddine Mezouar, a accordé une interview au site d’information égyptien Ahram Online dans laquelle il explique la participation du Maroc à l’opération Tempête décisive qui a pour but de remettre le président yéménite Abd Rabo Mansour Hadi au pouvoir suite à l’insurrection des rebelles houthis.

Rétablir la légitimité

Au sujet de l’opération Tempête décisive, Salaheddine Mezouar assure que l’intervention arabe au Yémen a pour but de « rétablir la légitimité  et relancer les négociations afin de trouver un consensus politique » après qu’une des parties « ait cherché à imposer un fait accompli et à circonvenir la voie du dialogue […] établi sous l’égide de l’ONU ». Pour le chef de la diplomatie marocaine, le rétablissement de la légitimité se fera à travers le retour du président Hadi au pouvoir qui permettrait de « relancer un dynamisme politique  ».

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Alors que la coalition arabe menait les frappes au Yémen, les chefs d’état de la région, réunis au sommet de la Ligue arabe, ont décidé la mise en place d’une force militaire arabe.  Cette force qui, pour le ministre des Affaires étrangères sera «  une force de dissuasion avant d’être une force d’intervention ». Salaheddine Mezouar signale toutefois que les objectifs et les moyens dont disposent cette armée conjointe doivent encore être définis dans les « les trois prochains mois ».

Pas d’intervention en Libye

Mais qu’en est-il de la Libye où deux partis se disputent le pouvoir ? Le chef de la diplomatie marocaine « espère » que les frappes menées actuellement au Yémen ne seront pas nécessaires en Libye.  Il rappelle que le dialogue inter-libyen se tient au Maroc et que les participants « sont d’accord à 80 ou 90 % ». Alors que le régime égyptien semble insister pour l’organisation d’une intervention militaire dans un pays avec lequel il partage une frontière, Salaheddine Mezouar a révélé que des discussions sont actuellement en cours avec le président Abdel Fattah al-Sissi à ce sujet et a fait part de sa conviction qu’un « dialogue politique doit être encouragé  ». Une conviction qu’il dit partagée par le président égyptien.

Enfin, le chef du RNI s’est également exprimé sur la cause palestinienne qui «  reste une priorité pour la Ligue arabe [et qui] n’a pas été oubliée ».  Il a également assuré que les discussions concernant ce sujet sont « quotidiennes » tout comme la coordination de l’action de la Ligue arabe.

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