Réforme des retraites : le PPS veut exempter certaines professions

Malgré l'appui du PPS à la réforme des retraites, le parti de la majorité souhaite que l’allongement de l’âge de la retraite ne soit pas appliqué à certaines professions pénibles.

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Un couple de retraités.
Crédit : DR

Alors que le gouvernement se prépare à livrer, d’ici quelque mois, son projet de réforme des régimes de retraite, le Parti du progrès et du socialisme (PPS), qui appartient pourtant à la majorité, émet quelques réserves sur un point : celui concernant l’allongement de l’âge à la retraite, du moins pour certaines professions.

A travers un communiqué, le bureau politique affirme, après plusieurs réunions, que « si le principe de l’allongement ne peut être rejeté compte tenu de l’allongement de l’espérance de vie et des déséquilibres démographiques des régimes actuels, il faut prendre en compte les questions de dureté et de pénibilité de certains emplois ».

Fonctionnaires seulement

Parmi les personnes concernées, selon le PPS, figurent les enseignants du primaire, les infirmiers et les infirmières et les forces de sécurité. Que des fonctionnaires, donc. « Ceci se justifie non seulement pour des considérations sociales mais aussi pour des considérations liées à la qualité du service public ou à la réussite de la réforme éducative et de la réforme administrative qui impliquent des ressources humaines motivées et totalement mobilisées  », explique le communiqué du parti.

Rachid Rokbane, président du groupe parlementaire du PPS, confie à Telquel.ma que «  pour certains emplois, il faut qu’il y ait des mesures spécifiques : le métier d’enseignant ou de policier par exemple sont des professions contraignantes et c’est pour cela que nous demandons à ce que l’allongement ne soit pas appliqué ».

Élargir l’assiette des cotisations

Côté recettes, le PPS souhaite également que le nombre d’adhérents aux régimes de retraite augmente. Pour ce faire, il propose qu’une commission d’inspection soit créée afin de contrôler les employeurs et les inciter à enregistrer leurs employés dans les régimes de pension civile. « Il est inconcevable que des employés ne soient pas inscrits dans les caisses de retraites, il faut accentuer le contrôle. Il faut augmenter le nombre d’adhérents qui devrait atteindre 50 % d’ici trois ans », nous explique Rokbane.

Rappelons que Saïd Ahmidouch, le directeur de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) − qui contrôle les entreprises pour s’assurer qu’elles déclarent leurs employés − réclame une loi plus coercitive pour combattre les entreprises en faute. Car le taux de couverture sociale reste très faible, et ne dépasse guère 59 % pour la couverture médicale et 33 % pour la retraite.

Lire aussi : Réforme de la retraite : le CESE invite le gouvernement à temporiser

Une autre mesure que le PPS souhaite voir intégrée dans la réforme des retraites concerne d’ailleurs particulièrement les salariés du privé. « Le débat autour de la CMR et de la caisse des retraites ne doit pas occulter la nécessaire réforme de la CNSS pour les travailleurs du privé. Il faut mettre un terme à toutes les conditions imposées pour bénéficier de la CNSS qui font que des milliers de salariés se retrouvent sans pensions de retraite ou avec des pensions nettement minorées  », indique le communiqué du bureau politique du PPS.

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