L'AMDH dénonce l'interdiction systématique de ses activités

L'AMDH dénonce l'interdiction systématique de ses activités

L'Association marocaine des droits humains (AMDH), a dénoncé lundi 29 septembre « l'interdiction systématique de ses activités » ces dernières semaines, sur fond de tension croissante avec les autorités du royaume.

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Le président de l'AMDH, Ahmed El Haij
Le président de l'AMDH, Ahmed El Haij. Crédit : DR

L’Association marocaine des droits humains (AMDH), a dénoncé lundi 29 septembre « l’interdiction systématique de ses activités » ces dernières semaines, sur fond de tension croissante avec les autorités du royaume.

« Les interdictions de nos activités sont devenues systématiques dans les lieux publics, mais aussi dans des lieux privés comme des hôtels », a déclaré le président de l’AMDH, Ahmed El Haij, lors d’une conférence de presse organisée dans les locaux de l’organisation. « Elles montrent clairement qu’il existe un recul (…) et une attaque généralisée contre des droits pourtant garantis par la nouvelle Constitution », adoptée en 2011 durant le Printemps arabe, a-t-il estimé. « Nous demandons aux autorités de cesser cette escalade sans précédent, dont l’AMDH est la principale victime », a encore clamé M. Haij.

Dans un document remis à la presse, l’ONG, qui avait déjà fustigé en mars une « campagne » à son encontre, recense une quinzaine d’interdictions au total depuis juillet. Jugeant que « l’État se place au-dessus des lois par de telles mesures liberticides », Ahmed El Haij a souligné que l’AMDH porterait « plainte pour recouvrer ses droits ». Il a fait valoir que le ministre de la Justice, Mustafa Ramid, avait lui-même remis en cause certaines interdictions.

Sollicitées par l’AFP, les autorités marocaines n’ont pas fait de commentaire, alors que les frictions se sont multipliées au cours des derniers mois avec des ONG locales et internationales. Début septembre, Amnesty International a dénoncé l’interdiction d’un rassemblement de jeunes militants d’Europe et du monde arabe, prévu à son initiative.

Lire aussi : L’AMDH exige des excuses de Mohamed Hassad

En juillet, des associations avaient vivement critiqué des propos du ministre de l’Intérieur, Mohamed Hassad, accusant des ONG de servir un agenda étranger − en allusion à certains de leurs financements − et d’affaiblir par leurs critiques la lutte contre le « terrorisme ». Lundi, ce sont les organisateurs d’une « caravane de solidarité avec les migrants » qui ont, à leur tour, exprimé leur « indignation » dans le sillage de son interdiction.
Selon le Groupe antiraciste de défense et d’accompagnement des étrangers et des migrants (Gadem), cette manifestation a été « bloquée » samedi à l’entrée de Tanger, ville où un ressortissant sénégalais a été tué le mois dernier lors de heurts sanglants entre des migrants subsahariens et des résidents marocains. Présente, une équipe de TV5 Monde a été empêchée de couvrir cette caravane, ont également signalé plusieurs participants, d’après qui le matériel vidéo des journalistes a été saisi et les images effacées.

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