Luths enchanteurs et groove à Jazz au Chellah

Lors de la deuxième journée de Jazz au Chellah, les sonorités urbaines des Allemands de For Free Hands ont côtoyé le luth sacré d’Alaa Zouiten.

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Vladimir Karparov du groupe For Free Hands au Jazz au Chellah. Crédit : Yassine Toumi.

Quand on écoute la musique de For Free Hands sur scène, on réalise comment un genre musical peut se transformer en se frottant à des musiques d’aujourd’hui. C’est ce qu’on constate avec le jazz de ce quartet. Une guitare, un sax, une contrebasse mais surtout une batterie, donnent à ce genre musical une empreinte nouvelle, sans pour autant s’éloigner des bases classiques.

Le concert commence sur des notes résolument urbaines où l’on se délecte à la fois de rock et de musique classique. La batterie de Dimitris Christidis y est pour beaucoup, elle confère colère et énergie à leur musique, qui n’en devient que plus contemporaine. « Nous sommes énormément surpris, nous ne nous attendions pas à un tel accueil ici », nous confie Andreas Brunn, guitariste du groupe, après le concert.

Luth sacré et sax endiablé

Et comme la tradition le veut, un spectacle de Jazz au Chellah ne peut se terminer dignement sans une « rencontre », mot qui fait désormais partie du vocabulaire du festival. Le jeune musicien Alaa Zouiten rejoint la formation européenne pour une collaboration qui s’étalera sur trois morceaux essentiellement composés par le musicien natif d’El Youssoufia.

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George Donchev du groupe For Free Hands et Alaa Zouiten au Jazz au Chellah. Crédit : Yassine Toumi.

George Donchev du groupe For Free Hands et Alaa Zouiten au Jazz au Chellah. Crédit : Yassine Toumi.

Le musicien provoque une rupture nette. Il démarre avec un solo de luth qui captive l’attention du public. Une musique nerveuse et ponctuée de pauses qui laissent résonner l’écho des dernières notes pour mieux les savourer. Pendant ce temps, les For Free Hands restent immobiles et attentifs à ce moment quasi-sacré.

Alaa Zouiten part sur des rythmes qui changent continuellement de ton jusqu’à arriver à une apogée surprenante pour se dissiper dans le silence et laisser place à un sax et une contrebasse soudainement mystiques. Le oudiste accompagne alors discrètement le groupe tout en dessinant un virage dans l’ambiance du concert. Les instruments dialoguent et jouent à tour de rôle pendant que les autres musiciens les accompagnent. Le tout s’achève sur East Side Story, un moment d’échange très intime devant un public totalement conquis, qui applaudit pendant de longues minutes cette collaboration improbable.

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