11 familles espagnoles alertent Felipe VI sur le retard de leurs kafalas

Onze familles espagnoles interpellent Felipe VI sur le retard de deux ans de leurs demandes de kafalas. 

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adoption kafala en jeu pour 11 familles espagnoles
Une dizaine de familles espagnoles en attente de leurs kafalas sollicitent la médiation du roi Felipe. Crédit : AFP

Onze familles espagnoles candidates à la kafala (adoption conforme aux règles islamiques), pour laquelle les enfants concernés sont hébergés à Agadir, ont sollicité, dans une lettre publiée par l’agence espagnole EFE, la médiation du souverain espagnol Felipe VI, en visite officielle au Maroc du 14 au 16 juillet.

Pour attirer l’attention du Palais royal espagnol, elles ont fait parvenir à Madrid une boîte contenant 11 ours en peluche, symbolisant les onze enfants dont les parents adoptifs sont toujours en attente d’une solution favorable à leurs cas.

Les parents tuteurs ont reçu des avis négatifs du juge de la famille du tribunal de première instance, mais aussi en appel. Le motif juridique qui leur a été opposé était leur « méconnaissance des préceptes de l’islam et de la langue arabe ». Après avoir essuyé ces échecs, les familles ont saisi la Cour de cassation. Selon EFE, elles ne comprennent pas pourquoi « presque tous les dossiers de kafalas (soumis par des étrangers) ont trouvé des issues favorables » dans les orphelinats de Rabat et de Casablanca, alors qu’à Agadir les parents tuteurs croulent sous d’interminables procédures judiciaires et administratives.

Éducation islamique en jeu

En début octobre 2012, le ministre de la Justice Mustapha Ramid a signé une circulaire dont l’objet est de limiter l’adoption des orphelins marocains aux seuls Marocains résidant sur le territoire national. Ce qui exclut donc les kafils étrangers, même musulmans, et ce, « afin de protéger l’intérêt supérieur de l’enfant abandonné » et de garantir qu’il soit élevé « dans les préceptes de l’islam ». Une décision qui a entraîné le blocage d’une soixantaine de cas de familles espagnoles.

L’affaire de la kafala figurait dans l’agenda des négociations entre l’Espagne et le Maroc au cours des deux dernières années. Deux jours après le déplacement du ministre Mustapha Ramid en Espagne en juin 2013, son homologue espagnol, Alberto Ruiz Gallardon, s’était pourtant « engagé à garantir aux enfants adoptés une éducation conforme aux préceptes de la religion musulmane et que les services sociaux rédigeront des rapports du l’évolution religieuse des enfants ». Le ministre de la Justice espagnol a également invité Mustapha Ramid à « trouver une solution humaine face aux inquiétudes des parents ». La circulaire n’ayant pas un effet rétroactif, la plupart des demandes de kafalas soumises avant octobre 2012 ont été traitées favorablement, mis à part donc les onze cas de ces familles espagnoles.

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