CMDH: 21 cas de «torture» en quatre ans

Le CMDH a publié, mercredi 25 juin, son rapport sur la torture. Le document parle d'«un recours non systématique à la torture». 

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Crédit photo : AFP

Après Amnesty International et un ensemble d’ONG internationales, c’est au tour du CMDH (Centre marocain des droits de l’Homme) de dresser son état des lieux de la torture. La particularité de ce rapport, présenté mercredi 25 juin à Rabat, réside dans la description de 21 cas recensés entre 2010 et 2014 par l’association qui parle de «traitements violents ou encore inhumains» dans des cas recensés.

Le CMDH note cependant que ces cas «sont isolés et que les autorités ne recourent pas systématiquement à la torture». D’après les informations et les témoignages recueillis par le CMDH, «la torture a été exercée en premier lieu sur des éléments appartenant à la salafiya al jihadiya et d’Al Adl Wa Ihsane puis viennent les personnes accusés de trafic de drogue».

14 cas «victimes de torture»

Le CMDH note 14 cas qui déclarent avoir été «torturés» dont sept sont affiliés à Al Adl Wa Al Ihsane (association islamiste interdite mais tolérée par les autorités). Le document révèle, toujours en s’appuyant sur les témoignages des intéressés, que ces « détenus ont été obligés, les yeux bandés, de signer leurs PV sous des menaces de mort et de viol ». Pour ce qui des six autre cas, ils appartiennent au courant dit de la Salfiya al jihadiya. Enfin, un dernier cas signalé est un officier de la marine.

Quatre «victimes de traitements violents et inhumains»

Le CMDH opère une seconde classification. Il s’agit des cas qui ont été soumis à des «traitements violents». Ils sont pour la plupart des activistes politiques. Parmi ceux-ci, l’association cite Kamal Omari, du nom de ce militant du mouvement du 20-Février. Le CMDH se penche aussi sur le cas de Mohamed Fizazi, étudiant universitaire, qui aurait été victime selon des membres de sa famille d’une hémorragie interne suite à des coups de matraques. L’association parle même de trois cas de décès survenus suite à un «usage excessif de la force».

Recommandations

Le centre formule des recommandations. Il appelle à l’instauration de dispositions juridiques pour la protection des citoyens. Parmi lesquels la création d’une instance indépendante pour contrôler les centres de détention. Le CMDH souhaite également que les organismes des droits humains puissent visiter les détenus pendant leur détention.