Pour Fizazi, les dé-jeûneurs ont le droit de revendiquer

A l'approche du ramadan, le droit de dé-jeûner publiquement revient sur la table. Le cheikh Mohamed Fizazi recadre des propos qui lui ont été attribué sur le net.

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Le cheikh Mohamed Fizazi Crédit : DR

A quelques jours du début du mois de ramadan, un collectif d’associations demandent la protection des dé-jeûneurs dans l’espace public. Cette revendication, que ne cesse de soutenir ces militants dé-jeûneurs depuis 2009, suscite une nouvelle fois le débat.

« Ceux qui veulent manger pendant le ramadan n’ont qu’à se rendre dans les quartiers populaires dans les heures de pointe. » Ce sont les propos qui ont été attribués au cheikh Mohamed Fizazi via sa prétendue page Facebook. Des déclarations que réfute catégoriquement l’intéressé qui affirme que cette page ne lui appartient pas.

Dé-jeûner en public, « un acte politique »

A contrario, et contre toute attente, le cheikh Mohamed Fizazi soutient l’idée que « ces militants ont le droit de revendiquer vouloir dé-jeûner en public ». Celui-ci affirme « respecter toutes les libertés individuelles tant que cela ne touche pas à l’unité de la nation et à la paix sociale ». 

Selon le cheikh, « l’acte de dé-jeûner en public est plus un acte politique pour mettre pression sur l’État. » Quant à son point de vue concernant les dé-jeûneurs, il refuse « de juger les citoyens tant qu’il y a un État qui statue sur ce genre d’affaires ».

La religion par la naissance

Pour le militant laïc Ahmed Assid, « la religion est un choix individuel qui émane d’une conviction personnelle et l’État n’a pas à imposer un mode de religiosité à l’individu qui doit avoir sa place. » En s’appuyant sur ce principe, Ahmed Assid explique que « la mentalité générale n’est que le résultat des politiques publiques, elle n’est pas une nature ». 

Pour rappel, l’article 222 du code pénal punit le fait de manger publiquement pendant le ramadan.

Celui qui, notoirement connu pour son appartenance à la religion musulmane, rompt ostensiblement le jeûne dans un lieu public pendant le temps du ramadan, sans motif admis par cette religion, est puni d’un à six mois d’emprisonnement et d’une amende de 12 à 120 dirhams.

La question est de savoir comment « identifier » un musulman d’un non-musulman. Cette question est significative d’un problème, à en croire Ahmed Assid, pour qui « l’État considère les individus musulmans de naissance. Ils sont condamnés à être musulmans toute leur vie. »

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