Zakaria Boualem a plein de choses a partager avec vous

Par Réda Allali

Zakaria Boualem vous salue. Il a cette semaine un nombre important d’informations, d’analyses et autres réflexions à partager avec vous. Savez-vous par exemple qu’il y a une guerre civile en République centrafricaine ? Oui, une vraie, avec une coalition de rebelles qui répondent au nom de Seleka, un président en place qui s’appelle Bozizé, des villes qui changent de main et des accords de paix qui n’en apportent aucune, etc. Tout le monde s’en fout, c’est terrible. ça doit manquer un peu de salafistes, de pétrole pour mobiliser les médias, à moins que ce Bozizé manque de panache capillaire, il faut une étude pour éclaircir ce point… Les Marocains se sont intéressés à la Centrafrique le temps d’obtenir deux brillants matchs nuls 0-0, et le reste du temps ils font comme tout le monde. Donc ils s’en foutent. Quand Koko, Mabede (un Centrafricain justement), Mouithys ou Ondama marquent des buts, on aime bien les “Africains”, et on les aimerait encore plus s’ils nous laissaient enfin gagner cette fameuse coupe d’Afrique. Le reste du temps, on les regarde de haut, tout ce qui se situe au sud du Sahara étant considéré comme un grand rien résumé à merveille par nos commentateurs sportifs sous le vocable de “adghal”.  C’était la partie “internationale” de cette page et merci.

Sans aucun rapport : savez-vous qu’un programme ambitieux de volontariat a été lancé par notre gouvernement ? Il s’agit d’organiser le bénévolat des jeunes à grande échelle, de leur fournir de la logistique et de l’encadrement, c’est magnifique. “L’individualisme et le conflit de générations tendent à croître dans notre pays, c’est ce programme qui permettra d’y faire face”, a déclaré le ministre d’Etat Abdellah Baha avec aplomb, avant d’ajouter que ces notions étaient “importées”. Zakaria Boualem n’a pas pour ambition de se lancer dans un débat sur cette notion d’importation. Il se contentera de noter que dans un pays qui a laissé une bonne partie de sa population dans le dénuement, qui offre un service public de santé et d’éducation lamentable, nos responsables pointent du doigt le peuple et son individualisme comme la source de nos problèmes. C’est bien. La politique officielle, donc, c’est la charité, c’est encore mieux. Nos responsables ne sont responsables de rien, jamais. Bientôt, on va reprocher à Zakaria Boualem qui paye ses 38% d’IR de ne pas se lancer dans un programme de lutte contre l’analphabétisme le week-end, avant de soigner quelques  miséreux dans la foulée. S’il ne le fait pas, bien sûr, c’est qu’il est un affreux égoïste qui a importé son égoïsme de l’étranger, sans doute d’un pays où justement on soigne les miséreux. Il y a un paradoxe dans cette affaire, mais passons.

Un peu de mathématiques pour poursuivre cette page enjouée. L’Orde national des adouls a exprimé cette semaine une idée très intéressante. Selon ces héros du Maroc moderne, la polygamie est une solution très efficace au célibat. Malheureusement, le Code la famille actuel complique la tâche de l’homme qui souhaiterait réaliser le noble objectif de se marier avec quatre femmes. Ils proposent donc de le simplifier pour permettre à ceux qui en ont le panache de lutter contre le célibat. Leur président s’est ainsi exprimé : “L’âge du célibat augmente de plus en plus, et des femmes ne trouvent pas de maris, pourquoi ne pas alléger la procédure de la polygamie pour permettre aux hommes qui ont les moyens d’épouser plus d’une femme ?”. Il y a quelque chose qui  échappe à Zakaria Boualem. Parce que si on admet qu’il y a à peu près autant d’hommes que de femmes autour de nous, et que la polygamie est généralisée, il lui semble qu’il y aura forcément plus d’hommes sans femmes. Et que, par conséquent, le célibat des hommes devrait augmenter. Bon, le Guercifi n’est pas très calé en droit, il va donc se contenter de demander des explications à nos érudits. Il est même prêt à se rendre à leur prochaine réunion pour mieux comprendre leur position, il y a de grandes chances qu’il y passe un excellent moment.

Bon, il semblerait que cette page ait assez duré, b’chouia 3likom, à bientôt, et merci.

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