Culture

Ce qu’il faut savoir sur la Taskiwin, la danse marocaine devenue patrimoine culturel de l’Unesco

Taskiwin/ (c) DR
Ce qu’il faut savoir sur la Taskiwin, la danse marocaine devenue patrimoine culturel de l’Unesco
décembre 10
08:39 2017
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Cette danse martiale originaire du Haut-Atlas occidental a été inscrite au patrimoine culturel immatériel nécessitant une sauvegarde urgente de l’UNESCO.

 Presque méconnue du grand public marocain, la Taskiwin, une danse guerrière du Haut-Atlas occidental, a été inscrite le 6 décembre au patrimoine culturel immatériel nécessitant une sauvegarde urgente de l'UNESCO. Voici tout ce qu’il faut savoir sur cette danse menacée de disparition.

 

D’où vient-elle ?

Les origines de cette danse guerrière sont difficilement identifiables. Selon l’Inventaire général du patrimoine culturel marocain (IGPC), cette danse daterait du Xe siècle, à l’époque où les Almoravides régnaient sur le Maroc.

On sait toutefois qu’elle a été créée dans le Haut-Atlas, une zone montagneuse connue pour être le théâtre de confrontations tribales. "Les communautés du Haut-Atlas occidental ont su traduire ces moments belliqueux à travers des expressions artistiques, aujourd'hui d'une grande valeur patrimoniale", indique l’IGPC.

Selon Brahim Beghach, membre de l’association de préservation du patrimoine de Taskiwin Tajelt,  cette danse tient son caractère "guerrier" d’une "rencontre de réconciliation de deux tribus rivales. Craignant un coup monté, la tribu invitée était venue chez sa rivale avec du baroud dans leurs tisks (sorte de corne en bois, NDLR)".

Comment se déroule la Taskiwin?

La Taskiwin est traditionnellement exécutée la nuit par une vingtaine d’hommes même si elle est également pratiquée par les femmes de nos jours.  Cette danse se déroule en plusieurs actes (certaines performances vont jusqu’à 32 actes selon les tribus) sachant que acte a un nom spécifique. Elle comporte un aspect oral, puisque des poésies sont déclamées durant  cette danse.  "Le respect des règles, des gestes, des paroles, des mouvements rythmés, des déplacements dans l'Assays (espace de la danse) est une obligation et un savoir-faire qui s'apprend au fil du temps" écrit l'IGPC.  Menée par un raïs, cette danse évolue rythmiquement crescendo.Pour ce qui est des poésies déclamées au cours de cette danse, elles sont diverses et adaptées à chaque événements.

Quels sont les instruments utilisés pour la Taskiwin ?

Les danseurs utilisent essentiellement des bendirs (tallunt), des flûtes (tal’wwadt) et tâarija (agwal).

Quels costumes portent-t-on pour danser la Taskiwin?

Les hommes mettent une foukia (robe), une rezza (turban) et un seroual  tous de couleur blanche ainsi qu’un burnous (manteau de laine). Ils enfilent un ghamd (ceinture à épée), une ceinture brodée avec un khânjar (poignard) et un tiskt (une corne en bois revêtue d'un métal) porté au niveau de l'épaule gauche.  Celui-ci "est ensuite recouvert par un grand nombre de fils en laine (entre 50 et 60 fils) peints en rouge. Les fils se prolongent en bas dont certains se terminent par une boule en métal dite Tasmammayt contenant à l'intérieur un petit noyau dur également métallique provoquant un son caractéristiques quand les danseurs font bouger leurs épaules" détaille la présentation de l' IGPC. Le burnous est retiré à l'entrée de la troupe. "Un membre de la famille de chaque danseur intervient alors pour le récupérer" précise la même source. Pour les femmes, Brahim Beghach nous explique qu'elles portent un caftan (la couleur n'est pas spécifiée), un Hayek, une ceinture rouge et un ch'bik (un bijou en argent portée sur la tête).

Tiskt. (c) DR

détail du tiskt. (c) DR

Détail. (c) DR

Détail du khanjar. (c) DR

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Quelle est la portée politique et sociale de la Taskiwin?

Taskiwin est bien plus qu'une danse puisqu’elle permet de sceller des alliances matrimoniales et est un espace de médiation et réconciliation entre tribus.  Elle "participe à la  cohésion sociale entre les membres de la communauté, à l'intérieur d'une fraction ou d'une tribu, ou encore entre les différentes tribus de la région" écrit l'IGPC. Ce n'est d'ailleurs pas pour rien qu'un adage en Tamazight explique : " le raïs de la danse est bien plus efficace qu'un juge de tribunal". Aujourd'hui, Taskiwin peut aussi mettre en scène des célébrations de fêtes nationales.

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