Maroc

Omar Azziman: les manuels révisés "ne resteront pas figés"

Omar Azzimane. (c) DR
Omar Azziman: les manuels révisés "ne resteront pas figés"
janvier 27
16:04 2017
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Omar Azziman réagit à son tour à la polémique concernant les manuels d'éducation islamique. Il rassure sur l'importance de la philosophie, et garde la porte ouverte pour de nouvelles réformes des manuels.

Omar Azziman, président du Conseil supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique (CSEFRS), revient à son tour sur la polémique autour du manuel réformé d'éducation islamique accusé d'être "diffamatoire" à l'encontre de la philosophie, dans une interview accordée à MAP ce 27 janvier.

Pour le président du CSEFRS, le passage qui décrit la philosophie comme "l'essence de la dégénérescence" est "une illustration considérée par les auteurs du manuel comme radicale et hostile à la philosophie", rapporte la MAP. "Au lieu de la prendre comme parole d’évangile, les enseignants de philosophie sont appelés à soumettre cette opinion à la discussion", estime Omar Azziman.

Il juge d'ailleurs que le débat, lancé depuis plus d'un mois par des enseignants de la philosophie, est imprégné d'"excès". Il concède que bien que le manuel incriminé ait donné une "connotation négative" au débat, le dialogue est en soi "positif". Le président du CSEFRS va même jusqu'à saluer la mobilisation des professeurs de philosophie. "Que des enseignants de philosophie s’inquiètent du sort réservé à cette matière et se montrent jaloux de leur discipline est tout à fait légitime et positif", déclare-t-il, appelant "à garder la juste mesure des choses".

Le président du CSEFRS souligne au passage que la philosophie occupe une "place de choix", "irréversible" et "déterminante" dans le système éducatif marocain. Azziman rappelle que cette discipline tenait une "place importante" dans l'enseignement depuis l'indépendance avant d'être "écartée et évincée" dans les années 1970. "Nous sommes fiers d'avoir réintroduit l'enseignement de la philosophie après une longue absence et nous oeuvrons aujourd'hui à le consolider, le fortifier et le développer, ce qui aura sûrement un impact très positif sur la formation de l’esprit des générations qui bénéficient de cet enseignement", soutient-il.

Azziman revient aussi de manière globale sur la révision des manuels scolaires impulsée par Mohammed VI en février 2016. Il concède que "nos manuels scolaires demandent un effort considérable autant en termes de contenus que de méthodes pédagogiques, de présentation et de qualité". Il assure toutefois que les manuels révisés "ne resteront pas figés". "Nous faisons une première expérimentation, et c’est l’occasion de relever les erreurs, les approximations et les choses inappropriées, d’ajuster, de corriger et d’améliorer la qualité de ces manuels", insiste le président du CSEFRS.

Pour éviter de tomber dans la même erreur, "la Commission des programmes, des méthodes et des manuels du Conseil recommande vivement qu’on procède à une révision des manuels scolaires pour les conformer d’abord à la vision stratégique 2015-2030 et les adapter à l’évolution des disciplines et celle du pays lui-même", indique-t-il à la MAP.

Omar Azziman met l’accent sur la nécessité de "rendre effective et de mettre en marche" l’instance nationale permanente de révisions des programmes et des manuels pour qu’elle puisse travailler dans la "sérénité et de manière scientifique et objective en faisant prévaloir les critères pédagogiques sur toute autre considération".

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