Maroc

La sacre d'Aziz Akhannouch à la tête du RNI

Akhannouch assaillie par les flashs. (c) Rachid Tniouni
La sacre d'Aziz Akhannouch à la tête du RNI
octobre 29
18:02 2016
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Sans surprise, Aziz Akhannouch a été élu secrétaire général du Rassemblement national des indépendants (RNI) avec 1707 voix contre 97 pour son adversaire Rachid Sassi.

Ce sont plus de 3 000 Rnistes qui ont afflué au complexe Moulay Rachid à Bouznika pour le congrès exceptionnel du parti de la colombe, organisé ce samedi 29 octobre. Le mouvement est dense dans les bureaux d'enregistrement des rnistes. Venus en masse et d’un peu partout du Maroc, les militants ont attendu jusqu'à 11h30 pour voir arriver la star de ce congrès, Aziz Akhannouch. À ces côtés, Salaheddine Mezouar, ministre des Affaires étrangères et SG sortant, Mohammed Boussaid, ministre de l'Economie et des finances, Mbarka Bouida, ministre déléguée auprès du ministre des AE ou encore Amina Benkhadra, DG de l’ONHYM et Moncef Belkhayat, vice président de la région de Casablanca.

Sur l’estrade, et sous le poids (littéralement) des cadors du RNI, la scène a craqué. Une horde de photographes se jettent alors sur les cadres du RNI pour quelques malheureux clichés. Dans un cafouillage total, Akhennouch lance à une Mbarka Bouida visiblement perdue: "on va se mettre en bas". Leurs chaises sont déplacées et les photographes sont priés de vider les devants de la scène, sans succès.

Les cadors du RNI sur la scène avant qu'elle ne craque. (c) Rachid Tniouni

Les cadors du RNI sur la scène avant qu'elle ne craque. (c) Rachid Tniouni

Il est midi quand l'ouverture officielle du congrès est déclarée. Il règne une chaleur étouffante. Après la  lecture de quelques versets de coran et le chant de l'hymne national, le discours de Salaheddine Mezouar secrétaire général sortant du parti, commence.

Au cours de son allocution, Mezouar n’hésite pas à tacler le PJD: « ils ont fait campagne au cours des cinq dernières années. À l'intérieur du gouvernement comme au parlement ». Plus tard dans la journée, il nous précisera : « je ne tacle pas le PJD, je dis ce que je pense. Je suis quelqu’un qui dit les choses, telles qu’elles devraient être dites, selon mes propres convictions ».

Dans son discours, l’ancien SG du RNI a aussi critiqué la bipolarisation de la scène politique qui, selon lui, est plus basée sur les insultes que sur les programmes. Il a préconisé l'adoption d’une "charte des valeurs" par l'exécutif. Le chef de la diplomatie a toutefois eu le mérite d'assumer la responsabilité de l'échec de son parti aux législatives du 7 octobre (le RNI a eu 36 sièges, soit 7 sièges de moins qu'en 2011).
Salaheddine Mezouar a profité de son discours pour entériner officiellement sa démission à la tête du RNI. A la fin de son intervention, il n'hésite pas à dire en rigolant "on va écouter les deux candidats, voter, prendre une douche, manger avant de regagner le chapiteau pour les résultats".

Akhannouch superstar

À peine le nom de Aziz Akhennouch prononcé que la salle se lève en standing ovation. On ne peut pas dire autant de l'outsider Rachid Sassi, qui se contente de quelques timides applaudissements. Ce dernier ouvre le bal des discours. Il met l'accent sur l'échec de son parti aux législatives (candidat malheureux au scrutin du 7 octobre, il n'a pas réussi à atteindre le seuil pour être élu député). Rachid Sassi parle aussi de la nécessité de fédérer la jeunesse au sein du parti de la colombe. Les jeunes n'ont d'ailleurs pas fait le déplacement en masse pour ce congrès extraordinaire, largement dominé par des cinquantenaires, essentiellement des hommes.

Au bout d'un trentaine de minutes de discours, l'unique candidat face au puissant Akhannouch semble se résigner: "je sais que vous ne me voulez pas, et que vous avez l'impression que je vous fait perdre votre temps mais je refuse qu'on élise un président par acclamation. Il faut passer par les urnes".

C’est au tour du ministre de l’Agriculture de prendre la parole. Dans une brève allocution, justifiée par la chaleur étouffante sous le chapiteau du complexe Moulay Rachid, Akhannouch donne comme promesse de faire du RNI « un grand parti politique » à travers « l’engagement » et le « travail ». Cependant, il n’a ni justifié son retour sur la scène politique (il a démissionné du parti en janvier 2012), ni présenté son projet politique pour faire du RNI « un grand parti ».

l'actuel SG du RNI et le candidat perdant Rachid Sassi (c) Rachid Tniouni

Le nouveau SG du RNI Aziz Akhannouch et le candidat perdant Rachid Sassi (c) Rachid Tniouni

Les militants se dirigent alors vers les bureaux de vote avant d’aller manger. Du côté du carré VIP du congrès rniste, Akhannouch est happé par une horde de groupies de tout genre (jeunes filles, femmes, hommes) qui ont réussi à déjouer le très solide appareil de sécurité du ministre. Entre deux selfies, Aziz Akhannouch nous glisse, sourire aux lèvres: "on aime les gens et les gens nous aiment". Non loin, les journalistes entourent un Salaheddine Mezouar trempé de sueur.

Aziz Akhannouch. Crédit: R. Tniouni

Aziz Akhannouch. Crédit: R. Tniouni

Les clés du secrétariat général du RNI ont tout naturellement été données à Akhannouch, qui se fait élire avec l'écrasant score de 1707 voix. L’outsider Rachid Sassi n'a pu en décrocher que 98 et 27 voix ont été jugées nulles. « C’est une étape importante dans l’histoire du parti. Avec le président Akhannouch nous allons vers une nouvelle voie, car c’est un homme reconnu pour ses compétences et son engagement envers ce pays » nous déclare Amina Benkhadra.

Avec la désignation du patron du RNI, les tractations pour une entrée au gouvernement peuvent donc enfin commencer (officiellement). Une source proche du dossier nous a d’ailleurs soufflé que le nouveau SG du RNI devrait rencontrer Abdelillah Benkirane dimanche 30 octobre. Si la décision de l'entrée du RNI au gouvernement semblent actée,  Salaheddine Mezouar et Amina Benkhadra, prudents, préfèrent attendre « la décision du conseil national »

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