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Les dirigeants mondiaux prêts à aider les réfugiés mais sans engagements précis

Crédit : Andrej Isakovic/ AFP
Les dirigeants mondiaux prêts à aider les réfugiés mais sans engagements précis
septembre 19
17:36 2016
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Les 193 pays de l'ONU ont promis lundi 19 septembre de tenter d'améliorer le sort de millions de réfugiés, pour répondre à une crise sans précédent, mais sans se fixer d'objectifs chiffrés, au grand dam des ONG.

Cette déclaration d'intention les engagent à "protéger les droits humains de tous les réfugiés et migrants", accroître le soutien aux pays d'accueil débordés et promouvoir l'éducation des enfants réfugiés, a énuméré le secrétaire général Ban Ki-moon en ouvrant ce premier sommet onusien consacré aux migrations. Il a appelé les dirigeants mondiaux à "combattre la xénophobie croissante" dont sont victimes les migrants.

Refusant que ce sommet soit celui "de l'auto-congratulation et du confort", le Haut commissaire aux droits de l'homme Zeid Ra'ad al-Hussein s'en est pris avec virulence aux "sectaires et aux escrocs" qui refusent "de partager les responsabilités" en accueillant davantage de réfugiés sur leur sol.

"Beaucoup semblent avoir oublié les deux guerres mondiales, ce qui se passe quand la peur et la colère sont attisées par des demies vérités et des mensonges flagrants", a-t-il lancé. "L'amère vérité est que ce sommet a été convoqué parce que nous avons échoué, que nous avons échoué à mettre fin à la guerre" en Syrie, a-t-il ajouté, déclenchant des applaudissements.

Il y a 65 millions de personnes déplacées dans le monde, dont 21 millions de réfugiés, fuyant persécutions, pauvreté ou conflits. En deux ans, 7.000 hommes, femmes et enfants ont péri en Méditerranée en tentant de gagner l'Europe.

Ce sommet a pour toile de fond la guerre en Syrie, qui a fait plus de 300 000 morts en cinq ans et poussé plus de quatre millions de Syriens à l'exil vers des pays voisins surchargés ou vers l'Europe.

Une trêve précaire a été instaurée depuis quelques jours en Syrie. Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a dit lundi espérer que ce répit tienne et permette de livrer l'aide humanitaire tant attendue par les civils assiégés en Syrie.

Les pays les plus riches n'accueillent que 14% des réfugiés

Le texte adopté lundi 19 septembre par consensus est une simple déclaration politique qui ne contient pas d'objectifs chiffrés, et surtout pas d'engagements précis sur la répartition du fardeau.

Ban Ki-moon avait suggéré que les pays accueillent chaque année 10% du total des réfugiés, aux termes d'un "pacte mondial". Mais au fil des négociations cet objectif a disparu et le pacte a été renvoyé à 2018 au plus tôt.

Les ONG actives en faveur des migrants et réfugiés n'ont pas manqué de dénoncer d'avance une occasion manquée.

Pour l'ONG britannique Oxfam, "ces engagements politiques sont bien en deçà de ce qu'il faudrait pour traiter le problème". "On ne sent pas définitivement de volonté politique forte", a déclaré à l'AFP la présidente de Médecins du monde Françoise Sivignon. Elle a déploré l'absence d'un "véritable plan de relocalisation" et des lacunes du texte sur la protection des mineurs non accompagnés, qui sont "extraordinairement vulnérables".

Rejetant ces critiques, la représentante de M. Ban pour ce sommet, Karen Abuzayd, a fait valoir à l'AFP que les pays s'engagent dans leur déclaration à atteindre l'objectif fixé par le Haut commissariat pour les réfugiés des Nations unies. Or celui-ci préconise de réinstaller 5% du total des réfugiés. Cela équivaudrait à réinstaller 1,1 million de réfugiés en 2017, contre 100.000 en 2015, "soit dix fois plus", affirme-t-elle.

Mardi 20 septembre, ce sera au tour du président américain Barack Obama d'aborder la crise migratoire sous un angle plus concret. Il a invité une quarantaine de pays donateurs, qui vont promettre d'accueillir davantage de réfugiés, de leur offrir des possibilités d'éducation et d'emploi et d'accroître l'aide aux principaux pays d'accueil, souvent débordés.

Plus de la moitié des réfugiés vivent dans huit pays (Liban, Jordanie, Turquie, Iran, Kenya, Ethiopie, Pakistan, Ouganda) tandis que les pays les plus riches n'en accueillent que 14%.

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