Un clip rock de Lazywall inspiré de l'histoire d'Amina Filali

Huit mois après la sortie de son dernier album, le groupe  de rock marocain Lazywall sortira le 22 octobre prochain le clip d’une chanson qu'il a consacré à l’affaire Amina Filali.

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Lazywall. Crédit: Boulevard.ma/ Ilham Adebibe
Lazywall. Crédit: Boulevard.ma/ Ilham Adebibe

Dans son dernier album intitulé Square Minds In Round Heads sorti en février 2015, le groupe de rock marocain Lazywall y a dédié un morceau à l’affaire d’Amina Filali, la jeune fille qui s’est suicidée en 2012 après avoir été contrainte d’épouser son violeur.

Le morceau  intitulé « Ana Amina » entièrement traduit en darija, et dont la sortie du clip est prévue pour le 22 octobre prochain avait été présenté initialement dans l’album « à moitié en anglais et à moitié en darija  sous le titre 475 », explique Nao, le bassiste chanteur du groupe Lazywall,  joint par Telquel.ma.

« La chanson a été entièrement traduite en darija afin qu’elle puisse toucher un plus large public et surtout être comprise de tous»  nous explique Nao, le bassiste chanteur du groupe Lazywall.

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À travers ce morceau qui raconte l’histoire choquante d’Amina Filali, le groupe veut dénoncer un fait qu’il trouve « aberrant et incompréhensible ». « L’égalité entre l’homme et la femme devant la loi n’est pas encore ancrée dans les esprits. Nous voulons que dans un futur proche, ce genre de pratiques ne se répètent plus et qu’elles nous apparaissent comme préhistoriques».

Le groupe dénonce notamment« les voisins, les médias qui ont fermé les yeux sur cette affaire et les autorités notamment celles qui a pris la décision de marier Amina à son violeur », détaille Nao.

Une pratique encore courante

Si ce clip est présenté près de deux ans après l’abrogation du fameux alinéa 2 de l’article 475 du Code pénal marocain qui légalisait cette pratique, c’est parce que le groupe est convaincu que dans les mœurs et dans les douars cette pratique reste courante. « Le problème n’était pas seulement la loi, mais surtout la honte de ces familles forcées par le regard des voisins de marier leurs filles à leur violeur pour éviter d’être la « Chouha » du village ».

Ce constat, le groupe l’a fait lorsqu’il a présenté un concert l’été dernier. «Cet été nous avons donné un concert dans un village, et quand nous avons joué ce morceau, j’ai vu dans les yeux des gens qu’on était dans un endroit ou cette pratique est encore répandue »,  nous confie Nao.

Par ailleurs, selon le groupe, même si  le morceau « Ana Amina » garde leur style musical, il est cependant «beaucoup  plus accessible » que d’autres morceaux (rock métal). « Il s’agit d’un style populaire, un rock un peu soft » ajoute le bassiste chanteur du groupe.

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Pour rappel, en mai 2012, Amina Filali, une jeune fille de 16 ans, s’est donné la mort en ingurgitant de la mort-aux-rats, après avoir été contrainte d’épouser son violeur. Deux ans après son suicide, le 22 janvier 2014, la Chambre des représentants a voté, à l’unanimité, l’abrogation de l’alinéa 2 de l’article 475 du Code pénal qui légalisait cette pratique.

Le morceau « 475 » du groupe Lazyawall

 

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