Le tirage n’a pas laissé aux Lions de l’Atlas le temps d’entrer doucement dans leur Mondial. Pour leur premier match, ils auront face à eux le Brésil, quintuple champion du monde, dans un groupe C où figurent aussi l’Écosse et Haïti. Un adversaire immense, un stade américain, une affiche regardée bien au-delà des deux pays… tout est réuni pour faire de cette rencontre l’un des premiers grands rendez-vous du tournoi.
Mais ce Maroc-Brésil ne se lit pas seulement comme un choc entre une nation historique du football et une sélection africaine ambitieuse.
En effet, depuis Qatar 2022, le regard porté sur la sélection marocaine a changé. Sa demi-finale, ses victoires face à l’Espagne et au Portugal, sa solidité collective et sa capacité à tenir les grands matchs ont installé une autre perception. Le Maroc, 7e au classement mondial masculin de la FIFA, n’arrive plus avec l’étiquette d’un trouble-fête, mais désormais avec un parcours à défendre.
Le Brésil regarde le Maroc autrement
Côté brésilien, les mots utilisés ces dernières semaines disent d’ailleurs beaucoup. Invité de la chaîne TV Globo, le sélectionneur de la Seleção, Carlo Ancelotti, a placé le Maroc au centre de ses préoccupations. “Le premier match est très important, c’est même le plus important”, a-t-il déclaré.
Le technicien italien est allé plus loin en désignant les Lions de l’Atlas comme l’adversaire le plus sérieux du Brésil dans cette poule. “Le Maroc est la sélection considérée comme le principal adversaire dans notre groupe. Ce match peut être décisif pour terminer premiers”, a-t-il expliqué.
La dernière confrontation entre les deux pays, en mars 2023 à Tanger, reste aussi dans les mémoires. Le Maroc avait battu le Brésil 2-1
Une manière de reconnaître, sans détour, que le Brésil aborde les Lions comme une équipe capable de peser sur l’équilibre du groupe, et non comme un simple obstacle sur la route des favoris.
La dernière confrontation entre les deux pays, en mars 2023 à Tanger, reste aussi dans les mémoires. Le Maroc avait battu le Brésil 2-1, dans une soirée encore portée par l’élan du Mondial qatari. C’était un match amical, mais ce résultat avait installé un peu plus l’idée d’un Maroc désormais capable de répondre présent dans les grands matchs.
Une préparation entre certitudes et alertes
La préparation marocaine aux États-Unis a livré, elle, des signaux contrastés. Le nul face à la Norvège, le 7 juin, a montré une équipe capable d’entrer vite dans son match, avec l’ouverture du score de Brahim Diaz dès la 8e minute. Mais la fin de match plus difficile et les sorties sur blessure d’Abdessamad Ezzalzouli et de Noussair Mazraoui ont ajouté une part d’incertitude à quelques jours du choc face au Brésil. Les Lions pourront toutefois compter sur un douzième homme dans le New Jersey, où la communauté marocaine devrait répondre présente.
Face au pays du football-roi, la sélection marocaine aura l’occasion de montrer que Qatar 2022 n’était pas une parenthèse, mais le début d’une exigence nouvelle. Le Brésil reste un géant. Le Maroc le sait. Dans le Royaume comme au sein de la diaspora, cette génération nourrit désormais l’espoir de revivre les émotions du dernier Mondial, et peut-être de pousser l’histoire encore plus loin.
