Le Bureau du représentant américain au commerce (USTR) a annoncé que cette mesure intervient à la suite d’enquêtes ayant concerné 60 économies à travers le monde. Ces investigations avaient été ouvertes en mars dernier sur la base de la section 301 de la loi américaine sur le commerce de 1974, qui permet à Washington de prendre des mesures commerciales contre des pratiques jugées préjudiciables au commerce américain.
Le représentant américain au commerce, Jamieson Greer, a estimé que la poursuite de l’entrée de produits fabriqués par le travail forcé sur les marchés mondiaux place les travailleurs américains dans une situation de concurrence inéquitable, affirmant que Washington « ne tolérera pas cette situation ».
Les enquêtes américaines ont conclu que l’ensemble des économies concernées n’ont pas réussi, à des degrés divers, à imposer ou à appliquer une interdiction effective de l’importation de produits fabriqués par le travail forcé.
La liste inclut le Maroc aux côtés de 53 autres pays et économies, dont l’Algérie, l’Égypte, la Chine, l’Inde, la Turquie, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Brésil, l’Argentine et l’Australie. L’administration américaine considère que ces pays ne disposent pas de systèmes efficaces ou suffisants pour empêcher l’importation de ce type de produits.
Les observations américaines concernent également l’Union européenne, le Canada, le Mexique, l’Indonésie, le Pakistan et l’Équateur, Washington estimant que ces parties disposent de cadres juridiques d’interdiction, mais ne les appliquent pas de manière effective.
Selon la proposition américaine, les pays disposant de dispositifs partiels ou s’étant engagés à renforcer leurs procédures dans le cadre d’accords commerciaux réciproques seraient soumis à un droit supplémentaire de 10 %, tandis que les autres pays feraient face à des droits additionnels pouvant atteindre 12,5 % sur leurs exportations vers le marché américain.
Le Bureau du représentant américain au commerce a précisé que ces droits de douane en sont encore au stade de proposition et ne sont pas encore entrés en vigueur, dans l’attente de l’achèvement des procédures juridiques et des consultations avec les parties concernées.
Cette initiative intervient dans un contexte de montée des tensions commerciales entre les États-Unis et plusieurs de leurs partenaires, ainsi que d’un recours croissant de Washington aux droits de douane comme levier de pression pour pousser d’autres pays à modifier leurs politiques commerciales et économiques.
