La Chine impose une “carte d’identité numérique” aux robots humanoïdes

La Chine a instauré un système national d’identification numérique pour les robots humanoïdes, imposant à chaque machine un code unique de 29 chiffres afin de renforcer la traçabilité, la sécurité et le contrôle réglementaire d’un secteur en plein emballement, selon le ministère chinois de l’Industrie et des Technologies de l’information.

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Patrick T. Fallon / AFP

Le nouveau dispositif repose sur une plateforme nationale de gestion couvrant l’intégralité du cycle de vie des robots humanoïdes, depuis la conception jusqu’au recyclage, en passant par la production, la commercialisation et la maintenance. Les autorités y voient le premier socle d’une gouvernance unifiée pour une industrie appelée à devenir stratégique.

Le message envoyé par Beijing est limpide : aucun robot humanoïde ne pourra être vendu ou déployé sur le marché chinois sans cet identifiant numérique. Une approche musclée, à la hauteur des ambitions du pays dans la course mondiale à la robotique intelligente.

Conçu par plusieurs organismes publics de normalisation, ce « passeport numérique » doit permettre d’identifier instantanément chaque machine et de retracer son historique complet en cas de panne, d’accident ou de défaillance technique.

Le code se compose de quatre blocs distincts : un indicatif pays à deux chiffres, un identifiant entreprise de quatre chiffres, une référence produit de six chiffres et un numéro de série de 17 chiffres.

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Selon Yu Xiuming, vice-président de l’Institut chinois de normalisation électronique, ce système permettra de maintenir les robots « sous contrôle » quels que soient leurs usages ou les secteurs concernés. Les humanoïdes commencent déjà à s’implanter dans les chaînes industrielles, les services, les entrepôts logistiques et, de plus en plus, les environnements domestiques.

Le durcissement réglementaire intervient alors que la Chine s’est imposée comme l’un des principaux moteurs mondiaux de la robotique humanoïde. Les livraisons réalisées sur le marché chinois ont représenté une part dominante des volumes mondiaux en 2025, tandis que plus de 500 entreprises gravitent désormais autour de cet écosystème en pleine effervescence.

Mais cette croissance éclair a aussi révélé ses fissures : standards incompatibles entre fabricants, responsabilités juridiques parfois floues, multiplication rapide des modèles et absence de mécanismes harmonisés pour le suivi des incidents. En coulisses, les autorités redoutent un scénario similaire à celui de certaines plateformes numériques, où la régulation a longtemps couru derrière l’innovation.

Le nouveau cadre impose ainsi des obligations strictes aux fabricants. Les entreprises devront rappeler les robots présentant des défauts récurrents, tandis que la remise en circulation ou la revente de robots mis au rebut sera interdite.

Plus de 100 entreprises ont déjà adhéré au dispositif depuis son lancement, avec l’attribution de codes numériques à plus de 28.000 robots couvrant près de 200 modèles, selon les autorités chinoises.

Au-delà du contrôle du marché intérieur, Beijing affiche une ambition plus large : peser sur l’écriture des futures normes internationales de la robotique humanoïde. La Chine estime qu’un système harmonisé devient indispensable à l’essor mondial du secteur, à la circulation transfrontalière des machines et à l’émergence de standards techniques capables de s’imposer à l’échelle mondiale.

(avec MAP)