Dans une démarche aux nouvelles dimensions politiques à l’égard du Maroc, le Parti populaire espagnol pousse au renforcement de la présence institutionnelle des villes occupées de Sebta et Melilia au sein de l’Union européenne, à travers une initiative déposée au Parlement espagnol réclamant leur intégration au Comité européen des régions.
Selon des médias espagnols, le Parti populaire a enregistré une proposition non contraignante au Congrès espagnol, appelant le gouvernement de Pedro Sánchez à intervenir auprès des institutions de l’Union européenne afin de permettre à Sebta et Melilla de bénéficier d’une représentation directe au sein du Comité européen des régions, un organe consultatif représentant les régions et les collectivités territoriales de l’Union.
Cette démarche est portée par des députés du Parti populaire, dont un élu de Sebta, au motif de corriger ce qu’ils qualifient de “déséquilibre institutionnel” et de mettre fin à l’absence persistante des deux villes de cette instance européenne, malgré une initiative parlementaire similaire remontant à 2015.
Cette proposition intervient dans un contexte où la droite espagnole cherche à consacrer la présence de Sebta et Melilla dans les structures européennes en tant que parties intégrantes du système territorial espagnol. Elle revêt ainsi une portée politique qui dépasse le simple cadre administratif ou institutionnel, au regard de la sensibilité du sujet pour le Maroc.
Le Parti populaire justifie sa démarche par le fait que les deux villes disposent, selon la législation espagnole, de compétences proches de celles des communautés autonomes, ce qui leur permettrait, selon son raisonnement, d’être représentées au sein des instances territoriales européennes.
Le parti conservateur a également profité de cette initiative pour attaquer le gouvernement espagnol, l’accusant de ne pas défendre suffisamment les intérêts de Sebta et Melilla au sein de l’Union européenne, alors que les surenchères politiques internes se poursuivent en Espagne autour des questions de frontières, de migration et de relations avec le Maroc.
