Hantavirus : le Maroc est-il à risque ? Le ministère de la Santé répond à nos questions

Face aux cas de Hantavirus détectés sur un navire de croisière en provenance d’Amérique latine, Mohamed El Youbi, directeur de la Direction de l’épidémiologie et de lutte contre les maladies au ministère de la Santé et de la Protection sociale, affirme que le Maroc ne fait face à aucune menace directe, tout en maintenant un renforcement de la surveillance sanitaire dans les ports et aéroports.

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A la suite de cas d’infection au Hantavirus détectés à bord d’un navire de croisière en provenance d’Amérique latine, l’attention s’est portée ces derniers jours sur ce virus rare et ses modes de transmission, notamment dans les espaces clos.

Interrogé par TelQuel Arabi, Mohamed El Youbi, directeur de la Direction de l’épidémiologie et de lutte contre les maladies au ministère de la Santé et de la Protection sociale, assure que des mesures renforcées sont effectives dans les ports et aéroports, dans le cadre du dispositif habituel de surveillance sanitaire et de détection précoce des maladies.

TelQuel : Quelles mesures préventives seront adoptées dans les aéroports et les ports afin d’empêcher l’entrée du Hantavirus au Maroc ?

Mohamed El Youbi : D’abord, pour appliquer des mesures particulières, il faut au préalable procéder à une évaluation des risques et établir effectivement l’existence d’un danger nécessitant l’adoption de mesures spécifiques, que ce soit dans les aéroports, les ports ou ailleurs. Il faut souligner qu’il s’agit de cas d’infection par un virus qui n’est ni nouveau ni émergent. C’est un virus qui existe depuis longtemps et qui est répandu dans certaines régions d’Amérique latine, d’Europe et d’Asie, et qui pourrait également être présent dans d’autres zones.

L’événement qui s’est produit concerne des personnes qui se trouvaient en Amérique latine, précisément au Chili et en Argentine, et qui ont été infectées, toutes ou certaines d’entre elles, durant leur séjour dans ces régions. Après avoir passé une longue période ensemble à bord du navire, les conditions favorables à une transmission du virus d’une personne à une autre ont été réunies, même si ce virus se transmet habituellement des rongeurs à l’être humain et ne se transmet entre humains que dans des cas exceptionnels. La situation concerne donc huit personnes, dont quatre seulement ont été confirmées positives par des analyses de laboratoire.

Ce navire de croisière n’a aucun lien avec le Maroc. Il n’a accosté dans aucun port marocain et aucun ressortissant marocain ne se trouve à bord, que ce soit parmi l’équipage ou parmi les passagers. Il n’y a donc aucune raison d’adopter des mesures renforcées ou exceptionnelles dans les aéroports. Ce qui est actuellement appliqué relève du renforcement de la surveillance sanitaire effectuée de manière habituelle.

Le ministère de la Santé dispose d’agents dans les différents points de passage, que ce soit dans les aéroports, les ports ou même au poste-frontière d’El Guerguerat. Ces agents repèrent les personnes présentant des symptômes de maladie et les soumettent à des investigations afin de vérifier si elles sont atteintes d’une maladie transmissible susceptible d’être propagée durant leur présence au Maroc. À ce stade, ce qui est demandé, c’est de faire preuve de davantage de prudence et de renforcer la surveillance de ce type de cas dans les aéroports et les ports.

Comment une personne suspectée d’être infectée est-elle prise en charge dès son arrivée à l’un des points frontaliers marocains ?

Il faut savoir que l’infection par ce virus ne présente pas nécessairement de caractéristiques spécifiques. Dans la majorité des cas, la personne infectée peut être porteuse du virus sans présenter de signes apparents. Parfois, elle peut développer des symptômes ressemblant à ceux de la grippe. Certaines formes peuvent toutefois être plus graves, avec une évolution vers des difficultés respiratoires et des complications sanitaires plus sérieuses.

Lorsque les services spécialisés repèrent une personne souffrant de difficultés respiratoires, des opérations d’investigation sont immédiatement menées afin de connaître les lieux où elle a séjourné et de vérifier l’existence d’indices pouvant justifier une suspicion, non seulement concernant le Hantavirus, mais aussi d’autres virus susceptibles d’être transmis à d’autres personnes.

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En cas de doute, la personne concernée est immédiatement orientée vers le service spécialisé, où les soins nécessaires lui sont prodigués. Elle est isolée des autres patients, tandis que des prélèvements sont effectués et envoyés aux laboratoires afin d’identifier le type de virus, notamment s’il existe des éléments indiquant qu’elle aurait pu être en contact, dans son pays, avec une personne infectée par le Hantavirus.

Dans quelle mesure le système de santé marocain est-il prêt à détecter tout cas importé et à le prendre rapidement en charge ?

Nous disposons d’une préparation à 100 %, compte tenu de l’existence d’une coordination entre les différents niveaux et secteurs du système de santé, ainsi que de la coordination entre l’ensemble des intervenants au niveau des points de passage, qu’il s’agisse des aéroports ou des ports. Nous disposons également des mécanismes et procédures nécessaires pour traiter tout cas suspect pouvant être importé.

Nous disposons aussi des tests de laboratoire qui seront utilisés en cas de suspicion, afin d’analyser les prélèvements effectués et envoyés aux laboratoires spécialisés, de confirmer la nature du virus et de prendre les mesures appropriées en fonction des données disponibles.