Lors de ce sit-in, organisé à l’appel de plusieurs cadres syndicaux et comités affiliés aux syndicats de l’enseignement, les manifestants ont scandé des slogans dénonçant la politique de « l’oreille sourde » adoptée, selon eux, par le ministère de l’Éducation nationale face à leurs revendications. Ils ont également exprimé leur rejet de contrats de travail imposés par les associations, qu’ils jugent non conformes aux dispositions légales.
Dans une déclaration à TelQuel Arabi, Fatima El Kallai, membre de la coordination nationale des éducatrices et éducateurs du préscolaire, a affirmé que cette mobilisation intervient en réaction au manque d’attention accordé par le ministère à leur dossier. Elle a souligné leur détermination à intensifier les formes de protestation dans les prochains jours.
Elle a ajouté que les enseignants du préscolaire vivent une situation assimilable à une « vie de misère », percevant des salaires ne dépassant pas 3000 dirhams, tout en assurant de multiples tâches, dont certaines sans lien avec l’aspect pédagogique. Elle a insisté sur le caractère légitime de leurs revendications, appelant à une interaction positive afin d’éviter davantage de tensions dans le secteur.
Enfin, la même intervenante a appelé le ministère à ouvrir un dialogue responsable avec les enseignants du préscolaire afin d’identifier les dysfonctionnements et de permettre aux professionnels de proposer des solutions susceptibles d’améliorer le secteur et les conditions de travail. Elle a également évoqué la situation des retraités ayant consacré des années au préscolaire, contraints aujourd’hui de percevoir des pensions ne dépassant pas 800 dirhams.
Pour rappel, une enquête de terrain de l’Instance nationale d’évaluation auprès du CSEFRS a en effet montré que, malgré une forte progression du taux de préscolarisation – passé de 50,2% en 2015 à 70,4% en 2025 –, les conditions d’enseignement restent très inégales. Le rapport souligne notamment la précarité d’une partie du personnel éducatif, dont un quart perçoit moins de 2.000 dirhams par mois, ainsi que des disparités importantes entre milieux urbain et rural, où les scores d’apprentissage des enfants sont également plus faibles.
