L’organisation panarabe — qui regroupe 22 pays, dont la Somalie — l’a indiqué dans le communiqué final de la session extraordinaire tenue ce dimanche au Caire à la demande de Mogadiscio.
Dans ce communiqué, la Ligue a condamné « dans les termes les plus énergiques la reconnaissance par Israël, le 26 décembre 2025, de la sécession de la région nord-ouest de la Somalie, dite “Somaliland”, motivée par la volonté de servir des agendas politiques ».
Elle a ainsi rejeté « catégoriquement toute mesure découlant de cette reconnaissance invalide, visant à faciliter des plans de déplacement forcé du peuple palestinien ou l’exploitation des ports du nord de la Somalie pour y établir des bases militaires ».
Des représentants israéliens et du Somaliland se sont rencontrés à plusieurs reprises cette année, alors que les États-Unis et Israël auraient pris contact avec trois gouvernements d’Afrique de l’Est, dont celui du Somaliland, à la recherche de destinations pour relocaliser des Gazaouis expulsés de la bande de Gaza, selon plusieurs médias américains.
Lors de cette session de la Ligue arabe, les pays ont réaffirmé leur soutien à « la sécurité, la stabilité, l’unité, la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Somalie », ainsi que leur appui à la position de l’État somalien, qui considère toute action reconnaissant le Somaliland comme « nulle et non avenue, inacceptable et constituant une violation flagrante des principes du droit international ».
L’organisation a également qualifié les actions israéliennes de « tentative dangereuse de reconfigurer la carte géopolitique dans le golfe d’Aden et la mer Rouge, au large des côtes somaliennes ».
Elle a aussi rejeté « catégoriquement » l’utilisation du territoire somalien « par des acteurs extérieurs comme plateforme de lancement de toute activité hostile ou de renseignement dirigée contre d’autres pays ou susceptible de nuire à leur sécurité et à leur stabilité ».
Enfin, la Ligue a appelé tous les pays, ainsi que les organisations internationales et régionales, à « s’abstenir de tout contact officiel ou semi-officiel avec les autorités » du Somaliland.
Le Somaliland est un ancien protectorat britannique qui s’est autoproclamé indépendant de la Somalie — ex-colonie italienne — en 1991, après le renversement du président somalien Mohamed Siad Barre et le déclenchement d’un long conflit civil dans le pays.
Bien qu’il fonctionne comme une entité stable et autonome depuis plus de trois décennies, avec son propre gouvernement, sa monnaie et ses forces de sécurité, Israël est devenu vendredi dernier le premier pays à reconnaître le Somaliland comme un État souverain.
Le territoire du Somaliland est intégralement revendiqué par la République fédérale de Somalie, qui le considère comme une partie indissociable du pays et rejette la reconnaissance israélienne de cette région séparatiste.
(avec EFE)
