Un total de 90 ans de prison ferme pour six accusés dans l’affaire de viol au Moussem de Moulay Abdellah

La chambre criminelle de première instance de la Cour d’appel d’El Jadida a rendu, tard mardi soir, des peines particulièrement lourdes contre les six individus poursuivis pour “hattak ‘ird qassir” (attentat à la pudeur d’un mineur) lors du Moussem Moulay Abdellah Amghar.

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Image d'illustration. Crédit: Rachid Tniouni / TelQuel

Chacun des accusés a été condamné à 15 ans de prison ferme, portant le total des peines à 90 ans, rapportent nos confrères d’Al3OMk.

Ces condamnations interviennent après une enquête approfondie menée par le juge d’instruction, qui avait déféré en septembre dernier les six mis en cause devant la chambre criminelle, à l’issue d’une instruction détaillée. Les accusés étaient placés en détention préventive depuis l’éclatement de l’affaire, laquelle avait provoqué une vive indignation au sein de la population locale et des associations de défense de l’enfance.

L’affaire trouve son origine dans une plainte déposée à Youssoufia, signalant qu’un enfant avait été victime d’agression sexuelle durant sa présence au Moussem Moulay Abdellah Amghar, l’un des plus grands événements traditionnels du pays, qui attire chaque année des milliers de visiteurs.

Suite à cette alerte, les autorités judiciaires et sécuritaires ont engagé des investigations approfondies ayant conduit à l’arrestation de six suspects, soupçonnés de participation directe aux faits. Après plusieurs séances d’audition et de confrontation, le juge a transmis le dossier à la chambre criminelle, chargée désormais de conduire le procès.
L’ouverture des premières audiences était annoncée dans un délai d’environ quinze jours.

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Pour rappel, alertée, la gendarmerie royale s’état saisie du dossier sur instruction du parquet général près la Cour d’appel d’El Jadida. L’enfant avait été entendu en présence de sa mère, et une expertise médicale est en cours pour établir des preuves formelles.
Le drame avait déclenché une vive réaction des ONG de défense des droits humains. La section locale de l’Association marocaine des droits humains (AMDH) à Safi avait exprimé dans un communiqué sa “colère et son indignation face à un crime odieux”, dénonçant “l’insuffisance criante des mécanismes de protection de l’enfance.” L’organisation avait exigé l’ouverture d’une enquête rigoureuse, un accompagnement médical et psychologique de la victime, ainsi qu’une réparation morale et matérielle pour la famille.

Ce n’est pas la première fois qu’un tel drame est signalé au Maroc. Les associations dénoncent régulièrement l’inefficacité des politiques publiques, la lenteur des procédures judiciaires et surtout l’absence de mécanismes efficaces de prévention.

Au-delà de l’horreur des faits, l’affaire pose de nouveau la question des enfants en situation de vulnérabilité : orphelins, issus de familles précaires, exposés à la rue et à des réseaux de prédation. Pour nombre d’observateurs, la répétition de tels drames ne relève pas seulement de la criminalité individuelle, mais du déficit structurel d’un système censé protéger les plus fragiles.