Transplantation : appel pour créer en urgence un registre numérique des donneurs

L’association “Kili” (reins) affirme que la pratique de la transplantation d’organes reste en retard au Maroc malgré l’existence de textes juridiques et d’infrastructures, soulignant que le rein est quasiment le seul organe transplanté dans le pays. À ce jour, seules environ 645 greffes rénales ont été réalisées, principalement à partir de donneurs vivants.

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L’association indique, dans un communiqué reçu par TelQuel Arabi, que le nombre de personnes inscrites dans les registres demeure faible, ce qui met une nouvelle fois en lumière la nécessité urgente de renforcer la sensibilisation, les ressources médicales et les politiques publiques. Elle appelle à une mobilisation collective, rappelant que la réussite de cette pratique vitale dépend d’un effort global impliquant non seulement les acteurs de la santé, mais aussi les décideurs politiques, les techniciens et les communautés locales. Selon elle, les enjeux numériques, environnementaux et sociaux sont étroitement liés dans ce domaine.

Dans ce contexte, la médecin Amal Bourquia, spécialiste en néphrologie et en dialyse, estime qu’il est possible d’élever le niveau de sensibilisation sur l’importance du don de rein en particulier, et du don d’organes en général, afin de sauver des patients atteints de défaillance avancée d’organes — notamment du foie ou du cœur — avant qu’il ne soit trop tard.

Elle explique, dans une déclaration à TelQuel Arabi, que pour les reins, la prise en charge repose essentiellement sur la dialyse, mais que cette solution fait face à d’importants défis: “Nous ne pouvons pas assurer une prise en charge optimale pour les enfants et les jeunes qui ne peuvent rester longtemps sous dialyse.”

Bourquia appelle à ouvrir un débat national sur la question, rappelant que les pays ayant réussi à faire progresser la sensibilisation — comme l’Espagne — ont travaillé dès l’école, les collèges et les universités sur l’importance du don et de la transplantation d’organes.

Sur le plan juridique, elle révèle que des demandes de réforme ont été formulées depuis plus de six ans, précisant : “Afin que tout le monde soit considéré comme donneur, sans maintenir la contrainte de l’inscription auprès des tribunaux. Ceux qui ne souhaitent pas donner doivent avoir le droit de le refuser et de s’inscrire au registre des refus dans les tribunaux.”

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Elle ajoute qu’il est indispensable de mettre en place un programme national et de modifier la loi — une revendication portée par l’association depuis plus de 25 ans — car la seule sensibilisation n’a pas produit de résultats significatifs. Elle insiste aussi sur la création d’un registre numérique, affirmant qu’il est nécessaire d’utiliser des outils modernes pour développer la transplantation rénale : “Nous ne pouvons pas accepter que des femmes, des hommes et des jeunes meurent chaque jour alors que nous sommes incapables de les sauver”.