Aziz Rabbah dément toute implication marocaine dans l’enquête espagnole sur le projet du port de Kénitra

Alors que la justice espagnole enquête sur la “trama Koldo”, un réseau politico-affairiste espagnol soupçonné d’avoir tenté d’orienter certains marchés publics étrangers, dont celui du port de Kénitra, au profit de sociétés espagnoles, Aziz Rabbah, dont le nom figure dans des documents saisis en Espagne, a expliqué à TelQuel Arabi qu’aucune suspicion ne vise le Maroc : le projet du port de Kénitra était gelé et aucune procédure n’était en cours durant la période examinée par les enquêteurs espagnols.

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Aziz Rabbah © Yassine Toumi/TELQUEL

L’affaire partie d’Espagne suscite des réactions au Maroc : des responsables socialistes espagnols auraient tenté d’utiliser leurs réseaux gouvernementaux pour favoriser l’entreprise espagnole Acciona dans la course au chantier du port de Kénitra. Si des échanges interceptés évoquent l’intérêt de membres du réseau politico-affairiste pour établir des contacts avec des responsables marocains, dont les anciens ministre Aziz Rabbah et Abdelkader Amara, l’enquête ne mentionne aucune intervention marocaine et se concentre exclusivement sur les relations internes au réseau espagnol.

Interrogé par TelQuel Arabi, Aziz Rabbah apporte des précisions techniques et institutionnelles. Il rappelle que « le projet du port de Kénitra avait été reporté officiellement depuis 2015, jusqu’à l’achèvement des ports de Dakhla et Nador, ce qui le place en dehors de toute procédure exécutive durant la période couverte par l’enquête espagnole. »

Selon lui, ce simple fait suffit à écarter toute possibilité d’ingérence ou de pression concernant le Maroc à ce moment-là : « Ce type de projets ne dépend pas d’un ministre », a-t-il indiqué.

L’ancien ministre insiste sur le mode de décision propre aux infrastructures stratégiques : « Ce type de projets stratégiques ne relève pas d’une décision ministérielle, mais d’un niveau supérieur, puisqu’il s’agit de grands ouvrages entrant dans la planification nationale des ports. » Ainsi, la mention de son nom dans des documents espagnols ne reflète, selon lui, aucune interaction réelle.

Aziz Rabbah rappelle également que ses responsabilités l’amenaient à recevoir de nombreuses délégations étrangères et nationales, via les circuits diplomatiques ou les agences d’investissement : « Le ministre, par la nature même de ses fonctions, traite avec tout le monde, et peut parfois rencontrer des personnes aux intentions non nobles, ou susceptibles d’exploiter ces rencontres pour leurs propres intérêts. »

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Il affirme ainsi avoir rencontré des représentants d’entreprises de divers pays dans le cadre institutionnel habituel. « La plupart des marchés publics, à l’époque où j’étais membre du gouvernement, ont finalement été attribués à des entreprises marocaines », a-t-il précisé. Il présente cela comme une conséquence directe de la politique de préférence nationale adoptée par l’Exécutif de l’époque.

L’ancien ministre souligne également qu’il avait quitté ses fonctions deux années avant la période examinée par la justice espagnole : il n’avait donc plus aucun rôle exécutif ou administratif dans le secteur à ce moment-là.

De son côté, TelQuel Arabi indique ne pas avoir pu obtenir la réaction de l’ancien ministre Abdelkader Amara, malgré plusieurs tentatives de contact, par messages et appels directs.