Dans un communiqué parvenu à TelQuel Arabi, l’ODT alerte sur le risque imminent de licenciement de dizaines de milliers de jeunes employés dans les centres d’appels, en raison d’une nouvelle loi française interdisant le démarchage téléphonique non sollicité à partir de l’été 2026. Elle signale aussi que près de 50 000 entreprises sont menacées de faillite en 2025, avec des suppressions d’emplois massives, aggravées par les effets persistants de la sécheresse sur l’agriculture, alimentant ainsi le chômage chronique et le désespoir social.
L’organisation pointe l’échec des programmes d’emploi publics tels que “Forsa” et “Awrach”, qu’elle qualifie d’inefficaces et de “gaspillage de milliards de dirhams des fonds publics”. Elle appelle le Conseil supérieur des comptes à un audit approfondi sur la gestion et l’impact réel de ces dépenses.
Concernant le registre social unifié, l’ODT dénonce les défaillances du mécanisme d’identification des bénéficiaires, qui ne parvient pas à détecter la pauvreté saisonnière ou celle des travailleurs du secteur informel, entraînant l’exclusion de ménages éligibles et l’inclusion de non-bénéficiaires.
Sur le plan de la protection sociale, le syndicat observe un ralentissement inquiétant dans la mise en œuvre de la loi-cadre 09.21, notamment en ce qui concerne la généralisation de l’assurance maladie obligatoire, l’élargissement des régimes de retraite et l’indemnisation du chômage, toujours en attente d’application.
S’agissant du secteur de la santé publique, le communiqué souligne une crise structurelle, avec plus de 8,2 millions de Marocains non assurés, un budget santé ne dépassant pas 6 % du PIB, et une dégradation des services hospitaliers due à un manque flagrant d’équipements et de personnel qualifié. L’ODT déplore également l’exode massif du personnel médical et infirmier vers le privé, tandis que les cliniques privées, soutenues par des fonds publics, pratiquent des tarifs comparables à ceux des pays développés.
Enfin, l’organisation estime que le projet de loi de finances 2026 reste dominé par une approche macroéconomique limitée, incapable d’incarner la promesse d’un État social. Elle dénonce l’absence de justice fiscale, la persistance des exonérations et de la fraude fiscale, ainsi que l’emprise des lobbies puissants — notamment dans les secteurs de la pharmacie, de l’agriculture et de la pêche — sur les politiques publiques, ce qui, selon elle, favorise l’enrichissement excessif d’une minorité au détriment de millions de citoyens.
