Bourita : “Les agressions israéliennes donnent l'impression qu'il n'existe aucune force de dissuasion dans la région”

Lors de l’ouverture de la Retraite de haut niveau sur l’avenir des relations euro-méditerranéennes, organisée ce jeudi à Rabat par le ministère des Affaires étrangères, en présence de Dubravka Suica, commissaire européenne chargée de la Méditerranée, le ministre Nasser Bourita a centré son intervention sur la crise à Gaza et ses répercussions régionales.

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Le ministre des Affaires étrangères Nasser Bourita. Crédit: Rachid Tniouni/TelQuel

Le chef de la diplomatie marocaine a affirmé que la situation actuelle dans l’enclave palestinienne « n’interpelle pas seulement le droit international et le droit humanitaire, mais aussi la conscience humaine et la crédibilité des institutions internationales ».

Sous l’impulsion du roi Mohammed VI, président du Comité Al-Qods, le Maroc exprime une condamnation ferme et un rejet absolu des propos relatifs à un éventuel déplacement forcé des Palestiniens de Gaza. De telles déclarations, a-t-il insisté, « constituent une violation grave du droit international et une menace directe pour la stabilité régionale ».

Bourita a également mis en garde contre les discours évoquant une occupation durable de Gaza, y voyant une tentative d’effacer des décennies d’efforts pour une solution à deux États. Le diplomate a souligné que « ces pratiques constituent non seulement une violation du droit international et des résolutions du Conseil de sécurité, mais donnent également l’impression qu’il n’existe aucune force de dissuasion face à ce qui se passe dans la région. De plus, elles sapent les fondements sur lesquels l’espace euro-méditerranéen a été construit, car la relation entre la paix au Moyen-Orient et la construction de cet espace est un tout indivisible. »

« Les actions agressives d’Israël contre les civils palestiniens, y compris les déplacements et la famine, sont autant d’actes inacceptables que le Maroc dénonce et considère comme une menace non seulement à la sécurité et à la stabilité dans la région, mais aussi à la sécurité et à la stabilité du monde dans son ensemble », a-t-il encore déclaré, estimant que ces pratiques « risquent de transformer un problème politique en un conflit religieux aux conséquences imprévisibles ».

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Tout en rejetant les pratiques de famine organisée, le ciblage des journalistes et les violences contre les civils, le Maroc reste attaché à la mobilisation diplomatique dans les instances régionales et internationales. Bourita a réaffirmé que la paix doit demeurer « un choix stratégique » et que la seule issue viable au conflit passe par « la création d’un État palestinien indépendant dans les frontières de juin 1967, avec Jérusalem-Est pour capitale ».

Le ministre a également rappelé que le Maroc, conformément aux directives royales, a condamné les récentes attaques visant la Syrie et le Qatar, tout en exprimant sa solidarité avec ce dernier face aux atteintes à sa souveraineté.