Les femmes, principales victimes d'intimidation numérique au Maroc, selon l'Association Tahadi

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Dans un communiqué publié lundi 4 août, l’Association Tahadi pour l’égalité et la citoyenneté (ATEC) tire la sonnette d’alarme sur la recrudescence de l’intimidation numérique au Maroc. L’organisation dénonce un vide juridique qui laisse les victimes, majoritairement des femmes et des filles, sans protection face à cette forme de violence digitale.

L’Association Tahadi pour l’égalité et la citoyenneté (ATEC) a publié lundi un communiqué alertant sur l’augmentation continue du phénomène d’intimidation numérique au Maroc. L’organisation qualifie ce phénomène de “préoccupant et en expansion au sein de la société marocaine, dont les femmes et les filles sont les principales victimes”.

“Certaines victimes, ou leurs proches ciblés, ont été poussées à des tentatives de suicide, ultime réponse humaine à l’injustice subie”

Association Tahadi pour l'égalité et la citoyenneté (ATEC)

L’organisation suit “avec une profonde inquiétude l’augmentation continue du phénomène de l’intimidation, en tant que forme parmi d’autres de criminalité numérique, exercée dans les espaces et via les moyens numériques”. Elle constate que ce phénomène “s’est imposé, au cours des derniers mois, comme l’une des pratiques les plus répandues et tolérées par la majorité des utilisateurs des réseaux sociaux et espaces numériques”.

Selon l’association, “la commission de ces actes graves — qui ne sont toujours pas criminalisés à ce jour — entraîne des conséquences directes sur la santé mentale et physique des victimes, en particulier des femmes et des filles”. L’organisation révèle que “certaines victimes, ou leurs proches ciblés, ont été poussées à des tentatives de suicide, ultime réponse humaine à l’injustice subie”.

Une absence d’encadrement juridique

“La réponse législative reste insuffisante, notamment face à des pratiques pouvant porter atteinte au droit fondamental à la vie”

l'association Tahadi pour l'Égalité et la Citoyenneté (ATEC)

L’Association Tahadi souligne que “l’absence d’un encadrement juridique relatif à l’intimidation aggrave encore les souffrances des victimes et expose toute fille ou femme à ces comportements inacceptables”. Elle précise que “des pratiques telles que la diffusion de photos ou de vidéos de citoyennes et citoyens accompagnées de commentaires offensants, ou la publication de commentaires dégradants sur des images, n’atteignent pas le seuil légal de diffamation ou d’insulte, et restent donc hors du champ d’application du Code pénal, offrant ainsi une impunité totale à leurs auteurs”.

Elle indique avoir “travaillé en plaidoyer pour l’adoption d’un projet de loi spécifique contre la violence numérique faite aux femmes et aux filles dans l’espace digital” tout au long de l’année écoulée. Tout en “saluant certaines initiatives parlementaires ayant partiellement intégré ce projet via des propositions de modification de la loi 103.13 relative à la lutte contre la violence à l’égard des femmes”, l’organisation “estime que la réponse législative reste insuffisante, notamment face à des pratiques pouvant porter atteinte au droit fondamental à la vie”.

L’ATEC “appelle le pouvoir exécutif à accélérer la mise à jour du cadre législatif, notamment en criminalisant l’intimidation, aux côtés des autres formes de criminalité numérique, et à adopter des politiques publiques de sensibilisation sur les dangers de ce phénomène inacceptable”.

L’organisation “réaffirme également son engagement constant à poursuivre le plaidoyer pour combler le vide juridique relatif à la violence numérique, et renouvelle sa détermination à accompagner les victimes, en leur apportant un soutien juridique et psychologique, tout en œuvrant à élargir la conscience collective des graves conséquences de l’intimidation”.

Enfin, l’ATEC “appelle l’ensemble des acteurs institutionnels et civils à assumer leurs responsabilités dans la lutte contre ce fléau et à garantir un espace numérique sécurisé, exempt de violence et de discrimination pour les femmes et les filles”.