Famine : à Gaza, l'horreur de la malnutrition grandissante

L'agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (Unrwa) a déclaré lundi qu'elle recevait "des messages désespérés faisant état de famine" de la part de certains de ses employés dans la bande de Gaza.

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Un bébé souffrant de malnutrition à Gaza, dans un dispensaire de l'agence de l'ONU pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA). Crédit: UNRWA/X

L’ONU et des ONG font régulièrement état d’un risque de famine dans le territoire palestinien assiégé par Israël depuis plus de 21 mois suite à l’attaque du Hamas du 7-Octobre.

Des médecins, la Défense civile de Gaza et l’ONG Médecins Sans Frontières (MSF) ont signalé une forte augmentation des cas de malnutrition ces derniers jours.

Dans un message publié sur X, l’Unrwa a déclaré lundi que les pénuries à Gaza avaient entraîné une multiplication par 40 des prix des denrées alimentaires. « Levez le siège et laissez l’aide humanitaire entrer en toute sécurité et à grande échelle », implore l’organisation onusienne qui a dit avoir des stocks, à l’extérieur de Gaza, pour nourrir les plus de deux millions de Gazaouis pendant plus de trois mois.

Israël a très partiellement assoupli fin mai un blocus total imposé à la bande de Gaza début mars, qui a entraîné de très graves pénuries de nourriture, médicaments et autres biens de première nécessité.

Les bébés de moins d’un an souffrent d’un manque de lait, ce qui entraîne une perte de poids importante et une baisse de leur immunité

Mohammed Abou Salmiya, directeur de l'hôpital al-Chifa de Gaza

Selon le ministère de la Santé du gouvernement du Hamas à Gaza, 18 personnes sont mortes de faim en 24 heures entre samedi et dimanche. « Les bébés de moins d’un an souffrent d’un manque de lait, ce qui entraîne une perte de poids importante et une baisse de leur immunité », a déclaré Mohammed Abou Salmiya, directeur de l’hôpital al-Chifa de Gaza.

Israël a cependant déclaré lundi qu’il n’y avait « aucune interdiction ou restriction à l’entrée de lait maternisé ou d’aliments pour bébés à Gaza ». « Notre engagement reste ferme : soutenir l’aide humanitaire aux civils, et non au Hamas », a écrit sur X le Cogat, organisme israélien chargé des affaires civiles dans les Territoires palestiniens.

L’attaque du 7-Octobre a entraîné du côté israélien la mort de 1.219 personnes, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP réalisé à partir de données officielles.

Israël a lancé en représailles une offensive destructrice dans laquelle au moins 58.895 personnes, majoritairement des civils, ont été tuées, selon des données du ministère de la Santé à Gaza, jugées fiables par l’ONU.