En tout, ce sont quatre documents qui ont été diffusés. Le premier est un communiqué de presse de l’agence destiné à l’ensemble des conducteurs. Il annonce le début de l’utilisation des radars à deux sens à partir du 16 juin 2025.
Les documents suivants sont des constats d’infractions au Code de la route : deux photos de véhicules en dépassement de vitesse et un avis de contravention portant sur l’une des deux infractions photographiées. Il s’agit d’un véhicule de la gendarmerie royale. Pour l’heure, on ignore si les documents publiés sont authentiques.
Toutefois, chose étonnante, les hackers ont pris cette fois-ci le soin de flouter certaines informations contenues dans les avis de contravention. Fait inédit car, jusque-là, les hackers qui ont déjà sévi contre la CNSS, la plateforme des notaires, et les instances judiciaires, n’ont pas hésité à divulguer des informations à caractère personnel contenues dans les fichiers partagés.
Bien au contraire, les documents choisis pour communiquer sur les fuites prenaient sciemment et violemment à partie des personnes influentes au sommet de l’Etat, sans épargner les membres de leurs familles.
Par ailleurs, Jabaroot n’a pas communiqué sur la taille ou le volume des données extraites de la plateforme de l’Agence nationale de la sécurité routière. Pour en apprendre plus sur cette dernière cyber-intrusion, TelQuel a tenté de joindre la NARSA par plusieurs moyens, mais sans succès jusqu’à l’heure où nous publions ces lignes.
Il est aussi à noter que la prudence est de mise en ce qui concerne l’origine de la fuite. Car, comme nous avons pu le constater, le groupe Jabaroot a tendance à brouiller les pistes : les leaks imputés à la défaillance de la sécurité du système d’information de l’Agence nationale de la conservation foncière, du cadastre et de la cartographie (ANCFCC), le 2 juin, provenaient, en vérité, de la plateforme des notaires Tawtik.
De même, en ce qui concerne la cyberattaque présumée contre la base de données du ministère de la Justice le 9 juin, les enquêtes qui ont été menées n’ont révélé aucune traces d’intrusion dans leurs systèmes, comme l’a indiqué le ministère dans un communiqué. Une source au fait du dossier nous a cependant indiqué que la fuite pouvait émaner de l’espace réservé aux magistrats administré par le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ). Selon la même source, le parquet s’est saisi de l’affaire et une enquête est diligentée dans ce sens.
