Le Syndicat national des fonctionnaires de l’enseignement supérieur hausse le ton face au blocage de la réforme

La tension monte dans le secteur de l’enseignement supérieur. Le Syndicat national des fonctionnaires de l’enseignement supérieur et des cités universitaires a annoncé un programme de protestation escaladé pour juin et juillet 2025, dénonçant le retard dans l’adoption du statut de base, la persistance de pratiques corruptives dans certaines universités et une gouvernance jugée opaque.

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Azzedine El Midaoui, ministre de l'Enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l'innovation. Crédit: Rachid Tniouni / TelQuel

Selon le communiqué publié par le bureau national, la colère syndicale découle principalement du blocage du projet de statut des fonctionnaires, en discussion depuis janvier 2022. Malgré plusieurs étapes – d’abord pilotées par le ministère, puis en concertation avec les syndicats – le texte a été gelé sans explication. Les espoirs de relance, nés après une réunion avec le ministre en mars 2025, ont été douchés par les propos du chef du gouvernement et du ministre du Budget en avril, affirmant ignorer l’existence même du projet.

Le syndicat dénonce aussi un manque de transparence, notamment autour d’une rumeur de rejet total du texte par le ministère des Finances, et fustige l’absence de communication officielle sur ce point, malgré les engagements du ministre lors d’une réunion le 14 mai.

Autre motif d’indignation : la montée de certains cas de corruption dans l’université marocaine, que le syndicat appelle à combattre fermement, tout en soulignant que ces dérives restent marginales au regard de la majorité du personnel intègre. Le syndicat critique également le projet de loi sur l’enseignement supérieur, jugé inéquitable sur le plan de la gouvernance, notamment à travers son article 74, et fustige l’exclusion des syndicats du débat.

Par ailleurs, la centrale alerte sur la pénurie de cadres administratifs et techniques, qui alourdit la charge de travail du personnel, et demande une augmentation des recrutements et du taux d’encadrement.

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Le programme de protestation prévoit une grève de 48 heures les 17 et 18 juin, accompagnée d’un sit-in devant le ministère le deuxième jour, le boycott de la surveillance des examens, des grèves hebdomadaires et des manifestations locales jusqu’à fin juillet, avec la menace de boycotter la rentrée universitaire.

Le syndicat appelle à une mobilisation massive pour défendre les droits et acquis des fonctionnaires du secteur.