Trois mois de prison ferme pour Saïd Aït Mahdi, qui avait critiqué la gestion post-séisme d'Al Haouz

L’activiste Saïd Aït Mahdi a été condamné lundi en première instance à trois mois de prison ferme, notamment pour “diffamation” pour avoir critiqué la gestion par les autorités locales de la phase post-séisme dans la région de Marrakech en 2023, selon la défense.

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Sit-in de sinistrés du séisme d'Al Haouz devant le Parlement à Rabat, le 16 décembre 2024. Crédit: Rachid Tniouni / TelQuel

Saïd Aït Mahdi, président d’une Coordination des sinistrés du séisme d’Al Haouz en détention provisoire depuis le 23 décembre, était poursuivi pour “diffamation, offense et publication d’allégations mensongères visant à porter atteinte à la vie privée”.

Les trois autres accusés, faisant partie de la même Coordination, étaient poursuivis en état de liberté pour “offense à des fonctionnaires publics”.

Le tribunal de première instance de Marrakech a condamné Saïd Aït Mahdi à trois mois de prison ferme et a innocenté les trois autres”, a indiqué à l’AFP un de leurs avocats, Mohamed Nouini.

Aït Mahdi est également condamné à verser 10.000 dirhams de dommages et intérêts à chacune des parties civiles, d’après Me Nouini qui compte faire appel.

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Selon l’avocat, l’affaire repose sur “des plaintes de responsables locaux faisant suite à des publications sur les réseaux sociaux qu’ils ont considérées comme offensantes”.

La province d’Al Haouz, au sud de Marrakech, avait été l’une des plus touchées par le séisme de magnitude 6,8 qui avait frappé la région en septembre 2023, faisant près de 3000 morts et 5600 blessés.

Le tremblement de terre a endommagé près de 60.000 habitations, notamment dans le Haut Atlas, contraignant beaucoup de rescapés à vivre des mois sous des tentes.

La Coordination des victimes milite depuis pour accélérer la reconstruction et l’aide aux familles de sinistrés.

La lente reconstruction post-séisme à Talat N’Yaâkoub, dans la région d’Al Haouz, en septembre 2024, un an après le tremblement de terre.Crédit: Yassine Toumi / TelQuel

Les autorités marocaines assuraient début décembre avoir émis 57.000 permis de reconstruction et plus de 35.000 logements ont été rebâtis ou sont en cours de reconstruction, selon un dernier bilan officiel.

Un programme d’aide de 11 milliards d’euros avait été débloqué pour la reconstruction et la valorisation socio-économique des six provinces touchées par le séisme, sur cinq ans.

Des tranches pour plus de 700 millions d’euros ont déjà été versées aux familles de sinistrés pour les aider à reconstruire leurs habitations.