L’ex-Premier ministre français Édouard Philippe remet en cause l’accord migratoire entre la France et l’Algérie

Depuis 1968, la France et l’Algérie ont établi un accord migratoire régissant les flux de population entre les deux pays. Dans un entretien accordé à “L’Express” le 5 juin, l’ancien Premier ministre français Édouard Philippe critique cet accord, qui concerne les conditions d’entrée, de séjour et d’emploi des Algériens en France et accorde des avantages particuliers aux ressortissants algériens par rapport aux autres étrangers, notamment en ce qui concerne le regroupement familial.

Par

L'ancien Premier ministre français Edouard Philippe. Crédit: Edouard Philippe/Facebook

Dans une interview accordée à L’Express publiée le lundi 5 juin, Édouard Philippe, ancien Premier ministre français, remet en question cet accord et évoque la possibilité d’une renégociation. Il exprime également des positions fermes contre ce qu’il appelle “une immigration du fait accompli”, une question qui fait débat tant au sein de la majorité que de l’opposition.

Édouard Philippe souligne que cet accord “détermine intégralement les droits d’entrée et de séjour des ressortissants algériens, avec des dispositions bien plus avantageuses que celles du droit commun. C’est une particularité très notable, aucun autre ressortissant étranger ne bénéficiant de tels privilèges”.

Tout en reconnaissant les relations historiques puissantes entre la France et l’Algérie, Édouard Philippe remet en question la pertinence actuelle de maintenir un tel dispositif avec un pays avec lequel les relations sont complexes.

Dans cette interview, le président du parti Horizons souligne que l’origine géographique des étrangers a également évolué, avec une proportion croissante de personnes venant d’Afrique du Nord et d’Afrique subsaharienne.

Édouard Philippe aborde également “trois non-dits” liés à la question de l’immigration. Tout d’abord, il met en évidence le fait que lorsque certains Français déclarent vouloir moins d’étrangers en France, ils visent en réalité des personnes qui sont françaises depuis plusieurs générations. Il souligne que le contrôle des entrées des étrangers en France ne résoudra pas ce problème, qui relève plutôt de l’intégration, de l’éducation et du civisme.

Le deuxième non-dit concerne la question de l’islam, devenue “un sujet central, un sujet inquiétant, un sujet obsédant”. Enfin, il évoque le non-dit relatif au travail, soulignant que de nombreux Français estiment qu’il y a trop d’étrangers en France, mais que dans des secteurs économiques tels que la restauration à Paris, l’industrie touristique ou l’agriculture, la France se repose sur “un nombre d’étrangers tout à fait impressionnant”.

à lire aussi