Lorsque Layal apprend que sa grand-mère, la flamboyante Mama Abla, est condamnée par la maladie, elle quitte tout pour s’installer auprès d’elle à Tanger, dans la maison familiale où elle a grandi. Aux côtés de sa mère et de sa tante, elle veille celle qui a toujours régné sur ces murs. Mais le retour dans cette demeure réveille bien plus que des souvenirs d’enfance, il fait surgir des questions enfouies sur sa propre difficulté à exister en dehors de ce lieu, qui semble respirer et lui répondre.
À la veille de sa mort, Mama Abla arrache à Layal une promesse : empêcher coûte que coûte la vente de la maison. Ce serment va faire basculer l’équilibre fragile entre les trois femmes et libérer un secret de famille longtemps tu. Car dans cette maison tangéroise, la pudeur est une loi et le silence, une seconde langue. Ce sont précisément les non-dits qui, paradoxalement, deviennent le moteur du récit : le besoin de raconter finit par s’imposer, comme une condition pour continuer à exister.
Soundouss Chraïbi, autrice et journaliste à TelQuel, signe avec ce premier roman un huis clos féminin d’une grande délicatesse. La maison y est bien plus qu’un décor, elle révèle l’intimité de celles qui l’habitent, la complexité de leurs liens et les contours d’une culture tangéroise plus conservatrice qu’on ne l’imagine, à rebours de l’image cosmopolite de la ville.
À travers trois générations de femmes, le roman explore les mécanismes d’une société patriarcale où l’on se tait pour survivre, et où l’on raconte pour renaître. Le message du livre tient dans son titre : le soleil peut se lever deux fois. Renoncer, parfois, ouvre la voie à un recommencement. Ce que l’on perd matériellement, la fiction et la mémoire permettent de le garder autrement.
«Le soleil se lève deux fois»
188 DH
Ou
Le soleil se lève deux fois, de Soundouss Chraïbi, aux éditions L’arbalète Gallimard.

Achetez par whatsapp