Depuis sa nomination à la tête du ministère de l’Éducation nationale, Mohamed Saad Berrada semble avoir hérité d’un portefeuille assorti d’un gyrophare permanent. Déclarations mal calibrées, petites phrases qui font de grands titres, et une entrée en fonction parasitée par des accusations de conflit d’intérêts liées à l’affaire dite Pharmaprom… rarement un ministre n’aura autant donné l’impression de courir derrière l’actualité plutôt que de la maîtriser. Comme si cela ne suffisait pas, son mandat a coïncidé avec l’émergence du mouvement GenZ 212, porté par une jeunesse qui réclame haut et fort une école publique accessible, égalitaire et digne de ce nom.
Autrement dit, exactement le genre de revendications qui transforment un ministère déjà sensible en véritable chambre d’écho politique. À chaque sortie médiatique, le ministre est attendu au tournant, scruté, disséqué, souvent moqué, parfois contesté, rarement épargné. En toile de fond, une réforme de l’éducation qui avance… à reculons, pendant que le débat public s’enflamme plus vite que les chantiers ne s’ouvrent.
