Sahara : ce que révèle la version arabe de la résolution 2797 sur le rôle de l'Algérie

La version arabe de la résolution 2797 du Conseil de sécurité de l'ONU sur le Sahara utilise le terme “al-atraf” – pluriel désignant trois parties ou plus – et non “at-tarafayn”, qui renverrait à deux parties seulement. Un choix grammatical qui contredit frontalement les déclarations du ministre algérien des Affaires étrangères Ahmed Attaf, lequel prétend vouloir “médier entre les deux parties au conflit”.

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Un Conseil de sécurité de l'ONU. Crédit: ONU

Un détail linguistique de la version arabe de la résolution 2797 du Conseil de sécurité, publiée le 25 novembre, vient contredire frontalement la posture diplomatique algérienne sur le dossier du  Sahara. Le choix du terme « الأطراف » (al-atraf) plutôt que « الطرفين » (at-tarafayn) pour désigner les parties au conflit n’est pas anodin : il consacre grammaticalement ce que la résolution affirme politiquement.

En arabe, « al-atraf » désigne un pluriel de trois personnes ou plus, tandis que « at-tarafayn » renvoie spécifiquement à deux parties. La résolution onusienne emploie systématiquement le premier terme. Ce choix terminologique entérine la présence de quatre parties aux négociations : le Maroc, le Front Polisario, l’Algérie et la Mauritanie, mentionnées nommément dans le texte.

Cette précision grammaticale prend tout son sens à la lumière des récentes déclarations du chef de la diplomatie algérienne. Elle explique aussi le retard pris dans la publication de la résolution par les Nations Unies. Ahmed Attaf affirmait le 18 novembre à Alger que son pays était disposé à « soutenir toute initiative de médiation entre les deux parties au conflit ». Le ministre parle de « deux parties », quand l’ONU en reconnaît au moins trois impliquées directement.

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La contradiction est d’autant plus flagrante que la résolution 2797 mentionne explicitement « les consultations entre l’Envoyé personnel et le Maroc, le Front Polisario, l’Algérie et la Mauritanie ». Alger n’est pas convoquée comme observateur, facilitateur ou médiateur, mais comme partie prenante des pourparlers au même titre que Rabat et le Polisario.

Le ministre Attaf semble ainsi volontairement ignorer ce que le texte onusien établit noir sur blanc. Sa tentative de repositionner l’Algérie en arbitre extérieur se heurte à la lettre même de la résolution. Washington, qui a piloté l’adoption du texte, a d’ailleurs évoqué la nécessité de pourparlers directs entre le Maroc et l’Algérie pour baliser la paix régionale : une perspective qui suppose deux interlocuteurs de rang équivalent, non un médiateur et un protagoniste.

La version arabe de la résolution apporte donc une confirmation linguistique à une réalité diplomatique que la résolution pose sans ambiguïté. En utilisant « al-atraf », le Conseil de sécurité ferme la porte à toute interprétation réductrice du nombre de parties impliquées. L’Algérie est actrice du conflit, que sa diplomatie l’admette ou non.

La résolution 2797 marque une inflexion majeure : elle consacre le plan d’autonomie marocain comme base des négociations et impose une échéance de six mois pour un examen stratégique du mandat de la Minurso. Mais au-delà du dispositif opérationnel, c’est peut-être un simple pluriel arabe qui révèle le mieux l’impasse de la position algérienne.