L’Algérie ne ménagera aucun effort pour soutenir toute initiative de médiation entre les deux parties au conflit si elle s’inscrit dans le cadre onusien”, a déclaré le chef de la diplomatie algérienne Ahmed Attaf lors d’une conférence de presse.
Une éventuelle médiation devra déboucher, selon lui, “sur une solution juste, durable et définitive” à la question du Sahara conforme aux résolutions de l’ONU. Le ministre des Affaires étrangères algérien semble toutefois volontairement ignorer que la dernière résolution du Conseil de sécurité établit clairement son pays comme partie au conflit devant participer aux pourparlers sur le Sahara.
Sous l’impulsion de l’administration américaine, le Conseil de sécurité de l’ONU a apporté, pour la première fois le 31 octobre, son soutien au plan marocain d’autonomie du Sahara en estimant qu’il “pourrait représenter la solution la plus réalisable”. Malgré l’hostilité d’Alger qui n’a pas voté, cette résolution a été adoptée par 11 voix, la Chine, la Russie et le Pakistan, alliés d’Alger, s’étant abstenus. La résolution a été saluée au Maroc comme une victoire et un “changement historique” par le roi Mohammed VI.
Contestant cette interprétation, M. Attaf a argué que la résolution a “réalisé des acquis majeurs permettant au Polisario de défendre sa position sur une base solide, pleinement ancrée dans la légalité internationale”. Il a souligné par exemple que le Maroc n’avait pas obtenu que son plan d’autonomie soit considéré comme l’“unique base de négociations”.
Le ministre algérien semble toutefois ignorer que la résolution fait mention du plan d’autonomie marocain comme meilleure base de négociations et que toute proposition devra se faire dans le cadre d’une souveraineté marocaine.
Autre “acquis majeur”, selon le ministre, “le renouvellement pour une année du mandat de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental” (Minurso). Il a souligné que la mission est “chargée d’organiser le référendum d’autodétermination comme sa dénomination l’indique expressément”.
On notera toutefois que les Nations Unies ont écarté une option référendaire et privilégient d’abord l’organisation de pourparlers entre le Maroc, l’Algérie, le Polisario et la Mauritanie. Les Nations Unies, mais aussi les Etats-Unis, ont aussi évoqué la nécessité de baliser la paix au niveau régional à travers, notamment, l’initiation de pourparlers directs entre le Maroc et l’Algérie.
(avec agences)
