L’organisation conjointe de la Coupe du monde 2030 avec le Maroc et le Portugal s’annonce comme un levier économique d’envergure pour l’Espagne. D’après des estimations relayées par la presse espagnole, notamment issues d’une étude du cabinet PwC, la compétition pourrait générer près de 5 milliards d’euros de retombées économiques pour le pays.
Le président de la Fédération royale espagnole de football (RFEF), Rafael Louzán, a détaillé ces projections lors d’une intervention au Forum Nueva Economía à Madrid. Selon lui, « chaque euro investi dans l’organisation et les infrastructures engendrera un impact de 2,4 euros sur le PIB espagnol ».
L’étude évoque également la création de plus de 90.000 emplois, dont 56.000 directs et environ 9.000 destinés aux jeunes de moins de 24 ans. Les retombées touristiques seraient considérables : 1,4 million de visiteurs attendus et 3,7 milliards d’euros de dépenses touristiques estimées. À cela s’ajouteraient 1,8 milliard d’euros de recettes fiscales et 1 milliard d’euros d’investissements directs étrangers, principalement orientés vers la rénovation et la modernisation des stades, pour un montant global de 2,5 milliards d’euros.
Pour Louzán, ces chiffres confirment le caractère « stratégique » de l’événement pour l’économie espagnole : « C’est un élément essentiel pour le pays. Nous devons mettre de côté les idéologies et les sectarismes, et être à la hauteur de ce moment historique », a-t-il plaidé.
Sur le plan sportif, l’Espagne revendique une position de premier plan dans l’organisation. Elle assurerait 55 % du poids logistique et structurel de la compétition, avec 11 des 20 villes hôtes prévues. « Il ne serait pas explicable que l’Espagne n’accueille pas la finale », a déclaré Louzán, tout en soulignant que la FIFA aura « le dernier mot sur la sélection définitive des sites ».
Madrid, Barcelone et Casablanca figurent désormais parmi les villes candidates pour abriter la finale. Louzán a rappelé que la capitale économique marocaine prévoit « la construction d’un grand stade pour répondre aux exigences de la FIFA ».
Pour l’Espagne, cette Coupe du monde dépasse la seule dimension sportive. Elle s’impose comme un « symbole de coopération euro-méditerranéenne », mais surtout comme une opportunité économique majeure susceptible de stimuler l’investissement, l’emploi et le tourisme bien au-delà du tournoi.
