Botola : une saison contre la montre

La Botola attaque une saison hors normes. Coincée entre la Coupe d’Afrique des nations, la Coupe arabe et les échéances africaines, elle devra rendre son verdict avant fin mai, Coupe du Monde 2026 oblige. Les clubs s’apprêtent à courir un marathon, chaque semaine ressemblant à un sprint. Les joueurs serrent les dents, les entraîneurs activent le mode gestion.

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Dans un pays où le football rythme les vies, la Botola repart pour un exercice pas comme les autres. Le championnat national devra se plier à une équation complexe : tout caser avant fin mai, quitte à surcharger les joueurs et à brouiller les principes de récupération. Le tempo est donné : la saison sera sûrement passionnante, mais surtout courte, dense et fatigante.

Une cadence d’enfer

Dès les premières journées, le ton est donné. Les clubs jouent tous les trois jours, les joueurs du big four comptent déjà une compétition dans les jambes : le Championnat d’Afrique des Nations (CHAN) qu’ils ont remporté après avoir traversé trois pays organisateurs, le Kenya, l’Ouganda et la Tanzanie. D’entrée, un club comme l’OC Safi a joué vendredi 12 septembre, face à l’US Touarga (1-1), et lundi 15 face à l’IR Tanger (1-1).

La Botola a démarré en retard à cause du CHAN, remporté par le Maroc. Et elle devra se conclure en avance, Coupe du Monde 2026 oblige.Crédit: DR

Deux nuls en deux matchs pour le club engagé en Coupe de la Confédération. « On a fait ce qu’on pouvait, tout en gérant du mieux qu’on peut car demain matin on prend la direction du Niger pour notre tour préliminaire de la Coupe de la Confédération. On a manqué de précision, on a été brouillons, mais on sait que la saison reste longue pour progresser », a confié Amine Karma, le coach des Safiotes, en conférence de presse. 

Le club de Safi n’est pas l’unique concerné par le calendrier surchargé d’une Botola qui démarre déjà en retard à cause du CHAN. Le Wydad aussi s’y mettra, une fois les deux premiers tours préliminaires de la C3 terminés, car les Rouges en sont dispensés. La RS Berkane et AS FAR, engagés en Ligue des champions, devront aussi enchaîner. 

“ Le moindre voyage africain, avec ses vols interminables et ses stades parfois difficiles, peut peser lourd au moment de retrouver la Botola”

Nassim El Kerf

En parallèle, la Botola poursuit son rythme, avec des journées disputées les week-ends et en milieu de semaine, comme nous le confirme une source au sein de la Ligue nationale de football professionnel (LNFP) : “Nous avons déjà pris contact avec les clubs pour leur expliquer ces contraintes de calendrier”. Les entraîneurs, eux, savent que chaque semaine comptera double. D’un côté, préserver l’équilibre de leur effectif, de l’autre maintenir le cap dans un championnat qui ne pardonne jamais les faux pas. Le moindre voyage africain, avec ses vols interminables et ses stades parfois difficiles, peut peser lourd au moment de retrouver la Botola. Les marges de manœuvre sont minces, et les clubs le savent : il faudra serrer les dents, semaine après semaine.

Le spectre des blessures et la foi des tribunes

“Les préparateurs physiques redoutent une explosion des blessures musculaires, liées à la fatigue et au manque de récupération”

Nassim El Kerf

Avec des matchs qui s’enchaînent, les risques sont clairs. Les préparateurs physiques redoutent une explosion des blessures musculaires, liées à la fatigue et au manque de récupération. Les bancs devront tourner, quitte à donner plus de minutes aux jeunes pousses ou à ménager des cadres déjà usés. Mais dans une saison où tout s’accélère, qui osera sacrifier une compétition pour sauver des jambes ?

Dans ce tumulte, une chose ne change pas : l’attente des supporters. Les tribunes vibrent et continuent de vivre chaque match comme une finale. La ferveur populaire, elle, ne connaît ni trêve ni calendrier. Elle sera le carburant d’une Botola qui, malgré ses défauts et ses contraintes, reste l’ultime refuge des passions locales. C’est peut-être là que réside la beauté de cette saison contre la montre : dans la fidélité d’un public prêt à serrer les dents, au même rythme que ses clubs.

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