Opération “Midnight Hammer” : anatomie de l'attaque américaine contre l'Iran

Derrière le rideau de fumée provoqué par les quelque 125 appareils déployés par Washington contre des installations nucléaires iraniennes, dont sept bombardiers furtifs B-2 Spirit, se dessine un nouvel équilibre du pouvoir au Moyen-Orient. L'influence incontesté de Benjamin Netanyahu, l’affaiblissement supposé du programme nucléaire iranien et l’interrogation quant aux lendemains politiques que cette démonstration de force va engendrer dominent désormais le paysage régional.

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Un B-2 Spirit larguant une bombe MOP Crédit: US Air Force

Le 22 juin, dans la nuit iranienne (2 h 10, heure de Téhéran), la première salve de missiles américains a frappé Fordow, un site d’enrichissement dissimulé sous 45 à 90 mètres de calcaire et de dolomite dans la chaîne du Zagros. Les B-2, décollant du sol américain, ont largué une douzaine de GBU-57, bombes lourdes anti-bunker “Massive Ordnance Penetrators”, chacune pesant 13.600 kg.

Conçues pour traverser plusieurs mètres de béton armé avec une pression estimée à plus de 5000 psi avant d’exploser au cœur de la cible, ces “bunker busters” ont été complétées par des missiles de croisière Tomahawk, lancés depuis un sous-marin de classe Ohio stationné dans le Golfe Persique, qui ont rasé plusieurs bâtiments annexes des centres d’Ispahan et de Natanz.

À Ispahan, quatre structures – parmi lesquelles un atelier de production de barres de combustible et un laboratoire de recherche – ont subi une série d’explosions dont le souffle a été capté par des caméras amateurs. À Natanz, de nouveaux cratères témoignent d’une frappe visant visiblement le hall principal.

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