Il y a près de treize ans, en juillet 2012, le Maroc décidait de rompre officiellement ses liens diplomatiques avec la Syrie. Le ministère des Affaires étrangères déclarait alors l’ambassadeur syrien à Rabat “persona non grata”, lui intimant de quitter le territoire. Cette décision intervenait en pleine guerre civile, alors que le régime de Bachar Al Assad réprimait dans le sang les premières révoltes populaires.
Aujourd’hui, cette page semble définitivement tournée. Dans un discours lu par Nasser Bourita le 17 mai dernier, lors du 34e Sommet de la Ligue des États arabes, tenu à Bagdad, le roi Mohammed VI a annoncé la réouverture de l’ambassade du Maroc à Damas. Un geste qualifié par le souverain de « pas » important qui permettra “d’ouvrir de plus larges perspectives dans les relations historiques entre nos deux pays et nos deux peuples”.
Cette reprise diplomatique s’inscrit dans un nouveau contexte politique régional. L’accession d’Ahmed Al Charaa à la présidence de la Syrie, dans le cadre d’une période transitoire ouverte fin janvier dernier, a marqué un tournant. Ancien chef du groupe djihadiste Hayat Tahrir Al Cham, et ex-fondateur du Front Al Nosra, Al Charaa a été officiellement félicité dès le 4 février par le roi du Maroc. Dans son message, le souverain a réaffirmé une ligne constante : celle d’un soutien “de tout temps […] au peuple syrien frère pour réaliser ses aspirations à la liberté, à la quiétude et à la stabilité”.
