En l’espace de 72 heures, les instigateurs de la chaîne Telegram ont publié plus de 53.000 documents comportant des informations et des données à caractère privé de près de deux millions d’adhérents de la CNSS.
À l’origine de cette attaque se trouvent des cyber-assaillants qui se présentent comme des hackers algériens réagissant à la suite du piratage du compte officiel de l’agence de presse algérienne APS par des hackers marocains sur le réseau social X.
Peu après l’assaut du 8 avril, un groupe de hackers marocains portant le nom de Phantom Atlas a rétorqué en subtilisant 13 Go de documents de la base de données du ministère du Travail algérien et de la Mutuelle générale des postes et télécommunications (MGPTT). La chaîne de Phantom Atlas est toujours active et accessible sur l’application de communication cryptée.
Cette intrusion malveillante dans des données sensibles de la CNSS est présentée comme la plus importante que les institutions marocaines aient jamais connue.
Pour l’heure, la CNSS a déclaré avoir entamé une enquête interne pour identifier l’origine et les causes de la fuite de ces données. Des informations qui sont, pour certaines, “fausses ou tronquées” selon la CNSS, qui a mis en garde contre leur diffusion ou leur utilisation. Les autorités judiciaires ont également été saisies.
Pour l’heure, les causes et les responsabilités qui ont conduit à cette fuite des données n’ont pas encore été déterminées.
Cet incident révèle également les lacunes de la communication, tant de la part de la direction de la CNSS — qui a mis 24 heures à réagir — que du gouvernement, dont le porte-parole Mustapha Baitas a déclaré, le 10 avril lors d’un point de presse à l’issue du conseil de gouvernement, que “ces attaques cybernétiques sont, sans nul doute, une tentative de nuire aux percées diplomatiques successives du Royaume relatives à la cause nationale”, à savoir le Sahara.
Une déclaration qui a suscité de vives réactions des internautes marocains sur les réseaux sociaux, entre indignation et amusement.
