Benjamin Badier : “Les autorités coloniales ont instrumentalisé les émeutes antijuives d’Oujda et de Jerada pour lutter contre le nationalisme”

Le 7 juin 1948, Oujda et Jerada furent le théâtre de violences qui se soldèrent par la mort d’au moins 42 juifs marocains. Retour sur cette journée marquante avec Benjamin Badier, spécialiste de l’histoire du Maghreb contemporain.

Par

Les victimes, dont des femmes et des enfants, seront inhumées à Oujda, où vivent quelques milliers de juifs marocains et algériens. Crédit: ALTAYLOR AMERICAN JEWISH JOINT DISTRIBUTION COMMITTEE ARCHIVES

Avec le pogrom de Fès survenu le 17 avril 1912, les émeutes d’Oujda et de Jerada constituent l’événement antijuif le plus sanglant au 20e siècle au Maroc.

Benjamin Badier, historienCrédit: DR
Benjamin Badier, qui achève à la Sorbonne une thèse sur la décolonisation du royaume, a mené un travail de recherche sur les acteurs de ce drame et le contexte dans lequel il s’est déroulé. Si elles sont directement liées à la création de l’État d’Israël, ces violences doivent beaucoup à la passivité des autorités françaises et à une politique coloniale qui a accentué les crispations identitaires.

Que s’est-il passé le 7 juin 1948 ?

À Oujda, les violences éclatent le matin suite à un différend entre un Marocain musulman et un homme identifié comme un Marocain juif, même si certaines sources, notamment…

Cet article est réservé aux abonnés.
Déjà abonné ? Se connecter
Soutenez un média indépendant et exigeant
  • Accédez à tous les contenus de TelQuel en illimité
  • Lisez le magazine en numérique avant sa sortie en kiosque
  • Accédez à plus de 900 numéros de TelQuel numérisés